Les Canadiens paient-ils trop d'impôts?

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Le Nouvelliste du 24 août dernier nous rapporte qu'«une étude de l'Institut Fraser révèle que les sommes déboursées en taxes et impôts équivalent à 42,4 % du revenu moyen d'un ménage au Canada, qui se situait à 80 593 $ l'an dernier.»

Le portrait est intéressant, mais si le photographe prenait un peu de recul le paysage serait tout à fait différent.

En 1965, 13,7 % de l'assiette fiscale de l'État provenaient des entreprises contre seulement 8 % aujourd'hui. Il est donc «normal» que les impôts des particuliers augmentent.

Mentionnons que selon la Banque mondiale et PricewaterhouseCoopers, en 2016, le Canada occupe le 9e rang des pays qui taxent le moins les entreprises alors que les États-Unis se situent au 53e rang.

Parmi toutes ses «législations de complaisance», pour reprendre l'expression d'Alain Deneault, ajoutons que le gouvernement canadien, par la signature d'ententes sur la double imposition des entreprises, a simplement légalisé l'évasion fiscale à laquelle il prétend s'attaquer... Autant d'argent qui n'entre plus dans les coffres de l'État...

Comme si ce n'était pas assez, en 2007, le même Institut Fraser nous révélait que nos gouvernements avaient versé 19,4 milliards de dollars en subventions aux entreprises. Et l'Overseas Development Institute et Oil Change International estiment qu'en 2014 nos gouvernements ont versé 2,7 milliards $ en subvention à la seule industrie pétrolière.

Pire encore, l'État s'étant privé de ces importantes sommes d'argent et l'impôt des particuliers ne suffisant plus à combler ses dépenses, ce même État doit maintenant emprunter la différence. Et l'impôt des particuliers servira maintenant à financer les intérêts de cette dette auprès d'entreprises qui, elles, paient de moins en moins d'impôts... comme les banques qui ont pignon sur rue dans tous les paradis fiscaux de la planète et dont les profits explosent année après année.

Poussons la réflexion un peu plus loin. Si au moins toutes ces baisses d'impôts consenties aux grandes entreprises se traduisaient en investissements créateurs d'emplois! Au contraire, entre 2000 et 2010, leurs investissements ont diminué de 7,7 % à 5,5 % en proportion du PIB. Ces baisses d'impôts leur facilitent plutôt le financement de la dette de l'État ainsi créée... et dont les citoyens paient les intérêts par leurs impôts...

La véritable question à se poser n'est pas de savoir si les citoyens paient trop d'impôts, mais de savoir par qui et dans l'intérêt de qui fonctionne la «gouvernance» actuelle. L'État providence existe toujours, il était au service des citoyens, il est maintenant au service de la grande entreprise!

Jean-Yves Proulx

Trois-Rivières

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