La santé est malade

Du temps où Grand-Mère était encore une ville... (Archives, Le Nouvelliste)

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Du temps où Grand-Mère était encore une ville autonome, deux hôpitaux, dont l'Hôpital Laflèche, s'y trouvaient et offraient tous les services.

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Le Nouvelliste

Il y a quelques années, le gouvernement nous a fait un cadeau royal: dorénavant, tous les soins de santé seraient gratuits, incluant les médicaments et les hospitalisations.

C'était incroyable, trop beau pour être vrai. Mais nous y avons cru.

Au début, tout se déroula tel que promis. Quel bonheur de faire remplir une prescription à la pharmacie sans avoir à verser un seul sou! Je ne dois pas être la seule à avoir alors laissé tomber mon assurance-médicaments. Hélas! Cela n'a duré que quelques mois puis, peu à peu, sous diverses appellations, les médicaments ont recommencé à coûter de l'argent, de plus en plus. Et bien sûr, il était trop tard pour récupérer mon assurance.

Du côté hospitalisation, la situation me paraît encore plus catastrophique.

Du temps où Grand-Mère était encore une ville autonome, nous y possédions deux hôpitaux dont nous étions très fiers, à juste titre. Tous deux possédaient le matériel curatif à la fine pointe du progrès et un personnel compétent, dévoué, je dirais même chaleureux. Qu'en est-il advenu? L'hôpital Laurentide a rapidement été démoli et l'hôpital Laflèche n'est plus un hôpital. On y offre bien des lits pour les malades chroniques, une clinique pour les prélèvements sanguins avec un personnel aussi habile et dévoué qu'autrefois. On peut aussi s'y présenter pour des consultations pendant l'avant-midi, mais tous les autres services ont été transférés à l'hôpital du secteur Shawinigan-Sud. Et là, préparez-vous à attendre!

Ce qu'on pourrait prendre pour deux salles d'urgence sont en fait deux salles d'attente où, quel que soit votre âge ou vos problèmes de santé, vous pouvez passer toute la nuit ou toute la journée à attendre qu'on vienne s'occuper de vous, sur des chaises droites, sans coussin ni oreiller, en compagnie d'autres personnes aussi impatientes que vous qu'on vienne à leur secours.

On m'a dit que le temps d'attente maximum était de dix-huit heures!

Personnellement, je n'oublierai jamais la nuit blanche que j'y ai passée avec une profonde blessure à la jambe. Arrivée à l'«urgence» de l'hôpital vers 22 heures, je n'ai pu présenter ma blessure à un chirurgien que vers 6 h 30 le lendemain matin. Celui-ci m'a dit regretter de n'avoir pas vu cette plaie plus tôt, alors qu'il lui aurait été possible de la suturer adéquatement. Il a fait son possible, mais m'a prévenue que la guérison serait longue et laisserait des traces.

Cela se passait le 2 avril et pendant tout l'été, les infirmières du CLSC, très dévouées, sont venues refaire mes pansements tous les jours jusqu'à tout récemment. Pendant tout ce temps, il m'était interdit de me baigner ni dans ma piscine, ni même dans ma baignoire.

Je m'étais alors dit que mes problèmes dépendaient du fait que la nuit, le personnel est moins nombreux, mais dernièrement, on m'a parlé d'une dame avec de très sérieux problèmes qui s'était présentée à l'urgence très tôt le matin et qui avait dû attendre jusqu'en début de soirée pour recevoir des soins.

J'ignore qui est responsable de cette situation intolérable mais j'espère que le gouvernement va bientôt se souvenir de nous, non seulement des électeurs mais des êtres humains qui mériteraient plus de considération!

Florence L.-Lacroix

Secteur Grand-Mère

Shawinigan

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