Un animal n'est pas une «bébelle»

C'est vrai que le traitement des cochons au... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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C'est vrai que le traitement des cochons au Festival de Sainte-Perpétue ne constitue pas un cas grave de cruauté animale. Mais il est évident que ces cochons sont terrorisés. Pensez-vous vraiment qu'un animal qui hurle, se débat et essaie de se sauver est en train de s'amuser?

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

En réponse à l'éditorial de Martin Francoeur intitulé «Des critiques qui ne collent pas», publié dans notre édition du 9 août dernier.

C'est vrai que le traitement des cochons au Festival de Sainte-Perpétue ne constitue pas un cas grave de cruauté animale. Mais il est évident que ces cochons sont terrorisés. Pensez-vous vraiment qu'un animal qui hurle, se débat et essaie de se sauver est en train de s'amuser?

Le cochon n'est pas un prédateur, c'est une proie. Se faire courir après et se faire manipuler comme on le fait au Festival a de quoi le terroriser! Prenez un enfant de 2 ou 3 ans, prenez un adulte qu'il ne connaît pas et demandez à l'adulte de lui courir après devant une foule rugissante et de le soulever à bras-le-corps quand il l'attrape.

Pensez-vous que c'est possible que l'enfant ne comprenne pas qu'il s'agit d'un jeu et soit terrorisé? Le cochon, comme un jeune enfant, n'a aucun moyen de savoir que c'est un jeu. Juste parce que l'humain lui, sait que c'est un jeu et qu'il n'a aucune intention de blesser l'animal, ne justifie pas de le terroriser de la sorte.

Vous dites qu'un cheval qui fait du saut d'obstacles est peut-être aussi stressé que ces cochons... Mais le cheval qui fait du saut d'obstacles fait quelque chose qui lui vient naturellement. On lui a appris un parcours et il le fait. Le cheval n'a pas été terrorisé pour en arriver là. De toute façon, il y a une différence entre être stressé et être terrifié...

Vous dites qu'il y a des cas beaucoup plus graves de cruauté animale. C'est très vrai, mais cela ne veut pas dire qu'il faut ignorer un cas parce qu'un autre est pire.

Je suis certaine qu'il y a des situations bien pires dans les cas de maltraitance d'enfants que de mettre un enfant mal à l'aise ou de lui faire peur. Est-ce que cela signifie qu'on doit ignorer les cas d'intimidation? Bien sûr que non. Sauf que lorsqu'il s'agit des animaux, le seuil de tolérance aux abus est beaucoup plus élevé.

Et tout cela parce que l'être humain, dans sa grande arrogance, considère l'animal comme un être inférieur, parce qu'il ne peut pas parler, n'a supposément pas de conscience, pas de sentiments, etc. Mais l'animal s'exprime très bien avec le langage corporel. Encore faut-il se donner la peine de comprendre.

Vous dites que «de tous temps, les animaux ont été associés à des formes de divertissement». Encore là, c'est vrai, mais la tradition ou l'ancienneté d'une chose ne devrait jamais servir de prétexte à perpétuer une situation inacceptable.

Il y a bien des choses qui se sont faites pendant des siècles et dont on a fini par se débarrasser parce qu'elles allaient à l'encontre des droits de la personne.

C'est vrai que le Festival n'est pas un cas de maltraitance ou de cruauté extrême, mais je crois que c'est certainement un cas d'incompréhension totale de l'animal et c'est aussi un manque de respect envers l'animal. L'animal n'est pas une bébelle, c'est ça le gros du problème!

Il me semble qu'on peut se divertir de mille et une façons qui n'impliquent pas de mettre des animaux dans des situations difficiles ou terrifiantes.

Ce genre d'activités ne fait pas partie de la vie «normale» d'un cochon, pas plus que les éléphants ne sont faits pour s'asseoir sur des tabourets ou les tigres pour sauter à travers des cercles de feu.

Danielle Hart

Saint-Pierre-les-Becquets

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