Vive la restauration trifluvienne!

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L'auteure de cette lettre a vécu une expérience gastronomique malheureuse dans le Bas-Saint-Laurent.

La Presse

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Le Nouvelliste

Vacancière de passage dans la magnifique région du Bas-Saint-Laurent, je décide de louer une chambre dans un petit gîte situé près du littoral, au coeur d'un joli village que je ne nommerai pas, mais dont le nom débute par un «K».

En après-midi, je m'arrête au coquet magasin général pour un petit gueuleton. Enthousiaste, je demande à la jeune fille s'il serait possible de couper des fromages de leur région, car, en touriste d'un jour, je n'ai rien pour couper les fromages. Elle me répond: «non».

Dans un établissement où ils cuisinent des sandwiches, c'est vraiment surprenant. Je choisis donc trois petits blocs de fromage. «Avez-vous des biscuits secs, canapés pour accompagner?» «Non, seulement des baguettes de pain.»

Pendant que je cherche les baguettes, elle se retourne et ne se soucie aucunement de moi. «Où sont vos baguettes?» «Là-bas!». Vingt-quatre dollars de fromage plus tard, je marche vers le gîte, assez déçue du service à la clientèle.

La tenancière du gîte, une très gentille dame, me conseille fortement de réserver une table pour le souper au petit bistro situé à quelques pas de marche du gîte. Elle me dit: «Les fruits de mer sont excellents, à très bons prix et l'endroit est très bien».

Suggestion parfaite, vu mon intention de déguster les produits frais de la mer de l'endroit et un bon vin en accompagnement. Douche, préparation et fébrilité précèdent mon ultime repas qui allait clore ma longue journée de route.

Ne me doutant pas de la déception qui m'attendait, je marche quelques minutes vers le bistro, sourire aux lèvres. Tout d'abord, je devais lire le menu, debout, à la queue leu-leu et commander au comptoir; la jeune fille à la caisse n'avait aucune idée de suggestion de vin pour accompagner mon repas puis elle m'envoie m'asseoir avec un numéro.

«Mais qu'est-ce que c'est que ce resto?», me dis-je. Je croyais revivre mon déjeuner au McDo du matin même. Cabaret en plastique, coupe de vin minuscule en plastique et tartare de saumon fade, sans saveur, sans assaisonnements. Amèrement déçue encore une fois, je repars vers mon dortoir d'une nuit.

Pour le déjeuner du lendemain matin, la tenancière du gîte m'avait également suggéré de me rendre au petit café du coin, «lieu très apprécié», disait-elle. Cette fois, envahie par de sérieux doutes, je consulte au préalable le «guide touristique» de la région.

Le seul endroit offrant des déjeuners complets était bel et bien ce fameux café. Douce nuit de sommeil, reconnaissante d'être assise au calme sur la terrasse, face au soleil levant sur le fleuve, humant l'air pur de la rosée du matin, j'ouvre le menu.

Fruits, croissants, bagels, rôties et oeufs à la coque. «Hein? Mais où sont les déjeuners complets?», me dis-je. Je demande gentiment au serveur (oui! Il y avait un serveur!): «vous ne servez pas d'oeufs, bacon, etc.?»

Il me répond d'un ton sec: «non». Encore une foutue fois, déçue du service à la clientèle et de l'offre limitée du menu, j'engloutis mon café et mon bagel et je repars illico vers le chemin du retour.

Conclusion: vive la restauration trifluvienne savoureuse et son service à la clientèle des plus courtois! Chapeau! à nos cuisiniers et cuisinières et nos jeunes serveurs et serveuses conscients de l'impact d'un simple sourire! Qu'il est bon de revenir chez nous!

Manon Laforce

Trois-Rivières

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