Ton esti de char

L'auteur, David Crête, est professeur de marketing à l'UQTR (Archives Le Nouvelliste)

Agrandir

Archives Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

L'auteur, David Crête, est professeur de marketing à l'UQTR

- Comme si on allait brailler pour un crosseur qui veut tout sans payer.

- Ainsi la vie, on paie toujours pour les imbéciles.

- Si tu frappes quelqu'un sans assurance le clown qui va payer?

- Assure le ton esti de char... voyons réfléchis un peu.

Ce sont quelques commentaires qu'un étudiant a encaissé cette semaine sur Facebook après avoir demandé conseils sur la manière de récupérer sa voiture retenue par les policiers. Ces commentaires violents et abusifs sont plutôt courants sur les médias sociaux. On y a tous été confronté à un moment ou à un autre. Les personnages publics doivent apprendre à vivre avec et, malheureusement, monsieur et madame Tout-le-monde également. Mais qu'est-ce qui explique qu'un individu puisse être aussi brutal?

La montée en popularité d'Internet, depuis plus de vingt ans, a plongé le monde dans un univers, dans un contexte virtuel où les repères sont bien différents de la vraie vie. Dans ce monde virtuel, notre comportement diffère du bon vieux face-à-face, notre langage aussi. Cette présence virtuelle mène à moins de culpabilité, à moins d'embarras et donc à une crainte moins grande d'être rejeté. On se permet alors des propos plus durs. En face-à-face, le contexte fera qu'on adaptera nos propos. Dans le virtuel, les barrières tombent. Le cerveau n'a pas les informations du réel permettant d'adapter nos paroles. Tout est là pour des propos impulsifs et irréfléchis. On n'efface pas comme ça, du jour au lendemain, toutes ces années d'évolution.

Il faut aussi préciser que les hommes et les femmes ne s'expriment pas de la même manière. En général, les hommes laissent tomber la censure et usent d'un langage plus hostile (flaming en anglais). Les femmes, elles, sont davantage dans une forme de politesse. Plusieurs études tendent à démontrer cette tendance. Bien entendu, il peut y avoir des exceptions.

Les commentaires négatifs faits sur les médias sociaux peuvent être dommageables, particulièrement chez les adolescents. Les garçons, semble-t-il, en recevraient davantage. Leur style de communication étant différent, ils sont plus prompts à critiquer et à insulter. À cet âge, ils recherchent les sensations ce qui peut les pousser à publier des propos, des vidéos ou des photos qui mèneront à des commentaires peu élogieux. Les filles, elles, risquent plutôt de s'attirer des propos hostiles à la suite de la diffusion de photos ou de vidéos d'elle-même, de leur corps, de leurs vêtements, bref de situations où elles se mettent en scène. Mais heureusement, une faible proportion d'adolescents reçoit des commentaires négatifs. Toutefois, ces commentaires peuvent avoir un impact dévastateur chez celui ou celle, par exemple, qui éprouve une estime de soi vacillante.

Finalement, comme les propos violents peuvent être contagieux, un premier pourra en entraîner d'autres. Voilà pourquoi il faut être sensible à leur impact et apprendre à les gérer. Et surtout, savoir qu'il y a toute une psychologie qui se cache derrière.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer