L'urgence d'être

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Nous nous sommes tellement bien arrangés que nous avons élevé nos enfants dans l'absence de toute croyance de cet ordre, voire même en se moquant devant eux et avec eux de Dieu, l'Église, les religieux et de autre sujet de «même acabit».

La Presse

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Le Nouvelliste

L'état du monde actuel a de quoi nous donner froid dans le dos. Jusqu'où ira la folie meurtrière de ceux qui se proclament les disciples d'un dieu qui n'a rien de divin?

Le profil de la plupart des tueurs tend à nous montrer que leur geste leur est soudain apparu comme l'occasion subite de donner un sens à leur vie.

L'ultime porte de sortie d'un vide absolu.

Nous sommes à la fine pointe de toutes les découvertes, de plein pied dans la postmodernité. Les références d'hier sont obsolètes.

Parler de transcendance aujourd'hui, de notre identité profonde, c'est utiliser un langage dépassé pour certains, d'extraterrestre pour d'autres.

Alors que dans les siècles précédents existait à travers les religions un fil conducteur rattachant l'homme à sa dimension spirituelle - dimension inhérente au petit de l'homme -, nous sommes aujourd'hui absents de cette partie de notre identité.

Nous nous sommes dits en rejetant nos références religieuses, que nous nous arrangerions nous-mêmes avec l'aspect spirituel ou religieux de nos vies. Fini le joug, vive la liberté!

Nous nous sommes tellement bien arrangés que nous avons élevé nos enfants dans l'absence de toute croyance de cet ordre, voire même en se moquant devant eux et avec eux de Dieu, l'Église, les religieux et de autre sujet de «même acabit».

Et puis nous nous sommes trouvé de nouveaux dieux qui, en y pensant bien nous asservissent davantage et autrement que le faisait la religion de nos pères, laquelle, soit dit en passant, a elle aussi évolué.

Ceux qui tirent un peu partout dans le monde et qui déciment sans pitié la vie de milliers de personnes, sont de la génération de nos enfants à qui on a appris à se gérer tout seul de fond en comble, qui n'ont qu'une conception floue de leur identité, hormis celle qu'ils rencontrent dans leur miroir.

Dans la multiplication des cultures et des genres, dans l'enchevêtrement de toutes les espèces de corruption, dans le chaos créé par des politiques économiques plutôt que sociales, où se trouve l'espoir, le sens à la vie pour cette jeunesse sensible, porteuse d'une vision idéale pour le monde, tel celui que plusieurs d'entre nous portions lorsque nous étions jeunes?

Comment peut-on espérer quand tout autour n'est que vide absolu?

Détachés d'un Dieu qui a besoin plus de nous que nous avons besoin de lui, repus d'un matérialisme à outrance, nous sommes devenus des marionnettes bercées par les courants qui s'érigent en maîtres absolus de nos vies, alors que nous aurions tant à faire pour redresser le monde.

Dégarnis de tous nos artifices, espacés comme jamais de notre vérité fondamentale, déjoués par notre intelligence, nous nous retrouvons à égalité avec tout autre objet de la création. Le contexte environnemental actuel, créé de toute pièce par notre vision unique d'un univers centré sur nos besoins, nous presse d'opter de toute urgence pour une stratégie du développement durable.

Il y a là matière à réflexion en ce qui concerne aussi notre développement religieux.

À la manière du développement durable qui s'appuie sur la vision à long terme des activités de développement en tenant compte d'éléments indissociables tels que la dimension environnementale, sociale et économique, ne pourrions-nous pas reconfigurer notre individualité en harmonisant toutes ses dimensions, soit spirituelle, physique et psychique.

Le développement durable veut répondre aux besoins du présent tout en permettant aux générations futures de répondre aux leurs. Le développement de notre individualité en la reconnaissance de sa dimension spirituelle qui la transcende est certes l'unique voie susceptible de répondre aux besoins imminents de dignité et de responsabilité de l'espèce humaine.

Hélène Arseneault

Trois-Rivières

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