Où se trouve la frontière?

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Hillary Clinton et Donald Trump

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Le Nouvelliste

Serait-ce le vide existentiel de l'été, ou encore l'État islamique ne suffirait-il pas à la tâche?

Toujours est-il que pas un soir n'arrive sans que le téléjournal ne nous abreuve du folklore électoral des États-Unis.

On ne nous fait grâce d'aucun détail, des discours d'un ennui certain, des partisans chauffés comme pour un festival western, des questions traitées dans leur plus simple expression.

Comme on l'a fait remarquer, l'influence des preachers s'y fait sentir fortement. Les orateurs les mieux cotés, Michelle Obama, Bill Clinton, etc., y roucoulent des banalités moralisantes où la famille et le baby sitting national fournissent la trame de fond.

On attend avec une ferveur convenue, en se promettant la dernière extase, la répétition du discours de 2009 par lequel le président Obama inaugurait un règne qui allait illustrer cruellement la décadence de la présidence et l'échec de tous les grands idéaux face à une nation gouvernée par l'affairisme. Le «racisme» n'a pas reculé d'un iota et, pour l'avenir, les grandes fonctions n'ont pas de sexe.

S'agit-il de résumés concis et accompagnés de remarques critiques bien frappées? Mais non, des séquences intégrales, des descriptifs au premier degré, tout comme si, au lieu de se trouver à Radio-Canada, l'antenne unifoliée avait déménagé pour une durée indéfinie dans quelque prairie américaine ou dans quelque ville d'un vaste mais uniforme sud.

Les commentateurs, dont nous taisons le principal, avec sa diction populacière, ne ratent pas une occasion d'émailler leur discours d'expressions anglaises pour bien situer le lieu et le climat de leur jubilation la plus naturelle.

Nous avons calculé qu'après avoir refoulé au dernier rang tous les autres sujets de l'information, les deux tiers du temps d'antenne étaient passés aux États-Unis.

Pour dire les choses en clair, la proximité géographique et une certaine communauté d'intérêts économiques n'enlèvent pas aux États-Unis leur qualité de nation et de pays étrangers.

Sans doute le multiculturalisme de Justin Trudeau et de Philippe Couillard a-t-il obscurci et compromis les concepts d'identité «canadienne» et «québécoise», mais la projection de l'ambiguïté identitaire de ces deux premiers ministres ne devrait pas devenir aussi facilement la loi et le fonctionnement de la couverture des événements extérieurs, en l'occurrence, des élections américaines.

Hubert Larocque

Gatineau

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