Résistons ensemble à l'islam politique

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Les hommages se multiplient à la mémoire du père Jacques Hamel, tué mardi dans une prise d'otages dans une église en Normandie, une attaque revendiquée par le groupe armé État islamique.

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Le Nouvelliste

Je me suis réveillée un peu engourdie, les mains moites et la tête lourde d'un trop plein d'horreur. L'image du curé Jacques Hamel, debout, en soutane blanche, le visage émacié et les mains croisées sur un lutrin, me faisait penser à un tableau du Caravage. Je devine la bonté de cet homme d'Église de 86 ans égorgé devant les fidèles dans sa paroisse.

À Saint-Étienne-du-Rouvray, cette ville ouvrière de près de 30 000 habitants de la France profonde marquée par le chômage et victime de la désindustrialisation, le curé y est décrit comme une figure prenant soin des autres. Il me suffit de lire les témoignages de sympathie à son endroit pour saisir la profondeur de la fêlure qui déchire, aujourd'hui, sa communauté. Comment rester indifférent à la brûlure des autres quand au moins une fois dans sa vie on a frôlé l'enfer?

Si cette histoire me bouleverse aussi profondément c'est certainement en raison de mon aversion à cette idéologie mortifère de l'islam politique que j'ai expérimentée dans la jeune vingtaine. En Algérie, l'hémorragie des forces vives s'est poursuivie, sans répit, pendant une dizaine d'années. Confrontés à l'accélération de l'histoire, nous n'avions rien vu venir. Rien du tout. Comme à chaque fois, face à la bêtise humaine, des voix s'élevaient pour nous offrir la force de croire en la possibilité d'une autre vie. Pierre Claverie, l'évêque d'Oran, faisait incontestablement partie de ces hommes courageux et lucides. Ouvrez, ouvrez grandes les portes de l'évêché aux démocrates menacés, traqués et condamnés à mort par le Front islamique du salut et ses armées! Telle a été la position de ce natif d'Alger assassiné à Oran le 1er août 1996 en compagnie de son chauffeur. Jamais au grand jamais je n'oublierai son geste héroïque pour nous arracher des mains de nos bourreaux. Le destin tragique de ce grand humaniste ressemble à celui des sept moines trappistes de Tibhirine, enlevés en Kabylie puis assassinés la même année. 

L'islam politique assèche les corps, assoiffe les âmes, tue le désir. Face à ce monstre liberticide, les démocrates gagneraient à unir leurs forces. Et pourtant, ils avancent en rangs dispersés. La gauche communautariste souffle sur les braises de l «'islamophobie» faisant du pied à ceux qui rêvent de nous précipiter dans une guerre des religions et de nous plonger durablement dans le clash des civilisations. Le cadavre d'un caricaturiste gît dans une salle de rédaction? Ce n'est pas ce que vous pensez! Un policier ou un juif est assassiné en pleine rue, la victime n'est pas celle que vous croyez. On fait courir des «si», on multiplie les «mais» ainsi que les explications à prétentions sociologiques et psychologiques. On avance même l'idée que le terrorisme ne serait que la conséquence d'une intégration laborieuse et d'une laïcité trop intransigeante. Au final, ces thèses négationnistes ne font que conforter les soldats du califat sans jamais questionner le centre nerveux de l'islamisme, son idéologie, ce poison lent et inexorable. 

Dans la lettre paroissiale de juin 2016, le père Jacques Hamel avait émis le voeu de construire: « (...) un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel (...)». Comment imaginer que ce souhait puisse se réaliser sans la mise en échec de l'islam politique? Comment faire comprendre à ceux qui nous gouvernent que leurs complaisances et leurs lâchetés tracent la voie aux assassins de l'humanité? 

Djemila Benhabib 

Trois-Rivières

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