Pensons aussi aux proches des victimes du terrorisme

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Les nombreux attentats terroristes survenus notamment en France soulèvent bien des réflexions.

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Le Nouvelliste

En réaction à la lettre de Gérard Marier intitulée «Un coin de voile levé sur le terrorisme», publiée dans notre édition du 21 juillet dernier.

J'ai été bouleversé en lisant le papier de M. Gérard Marier «Un coin levé sur le terrorisme». La toute première question qui m'est venue à l'esprit, en lisant la lettre en question, est celle-ci: M. Marier oserait-il remettre son papier, en main propre et en regardant droit dans les yeux, la mère, le père, l'épouse, l'époux, la fiancée, le fiancé dont le fils, la fille, l'époux, l'épouse ont été tués par le terroriste? Ici, prenez note que je n'ai pas écrit «un terroriste», mais bien «le terroriste». À force de dépersonnaliser, on finit par banaliser l'horreur.

Si j'ai bien lu et compris la lettre de M. Marier, il laisse entendre que nous sommes coupables de terrorisme par association: «On devient terroriste à force d'être exclus par des lointains comme par des proches.» M. Marier laisse-t-il entendre que nous devons accueillir tout venant sans nous interroger sur nos capacités d'accueil et d'intégration des nouveaux arrivants? Tant chez nous qu'ailleurs se sont constitués des ghettos de misère aisément identifiés à des communautés humaines provenant d'autres pays; comment comprendre cette non-intégration de personnes venant de pays en difficulté?

La réflexion que M. Marier fait sur le pessimisme et l'optimisme me laisse simplement pantois. Comment devons-nous comprendre et interpréter ces mots: «Le pessimisme est le terreau propre à faire germer la graine terroriste»? De quel pessimisme M. Marier parle-t-il? Celui des survivants du carnage ou de celui qui provoque le carnage? Car plus loin M. Marier écrit: «Un pays qui fait face au découragement doit se préparer plus que d'autres à ce terrible phénomène.»

La cour des sentiments de culpabilité est suffisamment pleine. M. Marier oserait-il dire à une mère qui vient de perdre son enfant dans un attentat: «À quelque chose malheur est bon»? Les trois «amis» de Job ont été plus sages que M. Marier; en effet la Parole nous dit: «Puis s'asseyant à terre près de Job, ils restèrent durant sept jours et sept nuits. Aucun ne lui adressa la parole, au spectacle d'une si grande douleur.» (Jb 2, 13).

M. Marier aurait dû faire comme les trois amis de Job. C'est vrai, ils se sont repris après pour «défendre» Dieu, mais ce fut une catastrophe et Dieu leur a bien signalé: «Ma colère s'est enflammée contre toi et tes deux amis, car vous n'avez pas parlé de moi avec droiture comme l'a fait mon serviteur Job.» (42, 7).

Lionel Émard, prêtre

Yamaska

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