Mike Ward n'a rien compris

Jérémy Gabriel... (Archives La Presse)

Agrandir

Jérémy Gabriel

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Jérémy Gabriel a raison de dire que Mike Ward n'a vraiment pas compris. Par son intention de faire appel de la décision le forçant à verser 35 000 $ au jeune Gabriel, Mike Ward nous démontre clairement qu'il n'a rien compris.

La liberté d'expression, sous le prétexte de l'humour, peut-elle accorder le droit à l'insulte, le droit aux propos discriminatoires et le droit aux paroles diffamatoires?

Rire du monde et de leurs bobos, cela peut être drôle, mais c'est du déjà entendu de certains humoristes. Rire d'un syndrome, d'une maladie ou d'un handicap, tenir des propos offensants dans le but de se moquer d'une personne formellement identifiée, cela constitue à mon avis une forme de harcèlement bien distincte d'une oeuvre artistique ciblant une clientèle anonyme.

Le verdict du Tribunal des droits de la personne, en condamnant Mike Ward, n'a pas pour but de bâillonner les humoristes, de limiter leur liberté d'expression ou même de valider ou de contrôler le contenu du sketch d'un humoriste ou de tout autre artiste; ce jugement ne fait que confirmer les bornes du simple respect de la personne.

La décision du Tribunal ne fait que consolider la présence de repères essentiels au respect de l'individu; ne pas considérer ces balises, le juge le démontre une fois de plus, cela correspond à défier les conventions d'éthique et de déontologie définies par une société, à un moment donné. Ward a dépassé les «limites»; Ward est puni en conséquence.

Que Monsieur Ward blague en prononçant des paroles racistes, sexistes, religieuses, etc.; il comprendra alors qu'il risque de se faire plomber la tête, couper la langue, scier les jambes, tirer les oreilles ou même se faire arracher cette partie de l'anatomie spécifique à l'homme.

Selon moi, si Mike Ward persiste dans le même sens, il se condamne à se mettre à dos l'opinion publique et du même coup probablement aussi plusieurs de ses fans. On ne peut pas, on ne doit plus, accepter pareilles ignominies même sous le parapluie de l'humour; la pluie de blagues nominatives et personnalisées, offensantes, infâmes et dégradantes doit cesser radicalement et immédiatement.

Monsieur le comique ira-t-il jusqu'à essayer de nous faire rire en racontant, de manière humoristique, une blague au sujet: d'un(e) de vos proches qui est «grugé» par le sida, d'un(e) cousin(e) qui a «pogné» le cancer, d'un(e) ami(e) qui se fait «bouffer» par la bactérie mangeuse de chair... et les nommera-t-il afin qu'on puisse rire encore plus et nous montrera-t-il une photo et avec ça nous donnera-t-il leurs adresses? Cela devrait être drôle; nous rions déjà... pas de ses blagues douteuses, de lui, Monsieur le comique. Et j'ai la certitude que nous allons rire encore davantage lorsque sa salle de spectacle sera à l'image de sa cervelle: vide!

Monsieur Ward, regardez-vous dans le miroir; n'y voyez-vous pas un opportuniste de bas étage qui exploite la situation d'une cause en appel pour se faire de la publicité au détriment d'un jeune homme dont «le seul crime» est de souffrir du syndrome de Treacher Collins?

Miroir, miroir, pas besoin de nous dire qui est le plus bouffon, on le sait.

Jean Paquette

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer