Humoristes ou «vulgaristes»?

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Le dossier Mike Ward-Jérémy Gabriel continue de faire jaser.

Le Soleil

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Le Nouvelliste

Tous les goûts sont dans la nature. Il en va de même pour les sportifs, les politiciens, les artistes qu'on aime ou qu'on n'aime pas. En ce qui me concerne, les humoristes d'aujourd'hui, il n'y en a pas beaucoup que j'aime, entre autres, Mike Ward et compagnie. J'aimerais inventer un mot pour les qualifier: vulgaristes plutôt qu'humoristes car ils n'arrivent pas à me faire rire tellement ils sont grossiers, vulgaires, irrespectueux au plus haut point des personnes telles que Jérémy Gabriel.

Leurs propos sont toujours situés en bas de la ceinture. Les jeux de mots, la finesse d'esprit n'existent pas. On est loin d'Yvon Deschamps au Québec ou du Belge, feu Raymond Devos. Le Petit Larousse dit d'Yvon Deschamps que ses monologues sont pleins de finesse et qu'il met en scène les petits travers de ses contemporains. Quant à Raymond Devos, son sens de l'absurde anime ses monologues à travers calembours, non-sens et gags verbaux, le personnage est toujours le langage.

Ils sont nombreux ceux de la race de Mike Ward qui gagnent très bien leur vie depuis plusieurs années et cela m'a toujours étonnée. Il y a certainement une clientèle qui en demande encore et encore... Chose certaine, leur humour n'est pas exportable à moins de modifications majeures. Leurs sacres éternels, leurs bassesses n'arrivent pas à m'épater.

Je suis contente du jugement du Tribunal envers Mike Ward qui déclare que le droit d'une personne à la dignité et au respect de son intégrité prévaut sur la liberté d'expression. Même si ce dernier va en appel de cette décision, je souhaite que le jugement demeure tel quel.

À la télévision, on a annoncé que l'Association des professionnels de l'industrie de l'humour (APIH) était inquiète de la liberté d'expression des humoristes. Ils devraient surtout s'inquiéter de la formation qu'ils donnent à l'École nationale de l'humour et exiger des critères plus élevés qu'une deuxième année au primaire de leurs élèves. Le pire de cette affaire est que Mike Ward bénéficie d'une publicité gratuite qui va au-delà des milliers de dollars qu'il aura à verser. Depuis, l'événement, on lui a offert de donner un spectacle en Écosse...

Je réitère le dernier paragraphe de l'excellent éditorial de Martin Francoeur dans Le Nouvelliste du 23 juillet sur ce sujet. «C'est toute la question de bon goût, du jugement, de la responsabilité et du civisme qui entre en considération. Et c'est quand même dommage que ce soit une décision d'un tribunal qui doive venir rappeler cela aux humoristes de tout acabit».

Jocelyne Bruneau

Trois-Rivières

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