Que faire avec les surplus?

Le ministre des Finances Carlos Leitão.... (La Presse)

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Le ministre des Finances Carlos Leitão.

La Presse

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Le Nouvelliste

Le gouvernement du Québec dispose de 1,8 milliard $ de surplus dégagé en 2015-2016 dont un milliard serait distribué en réduction d'impôts.

Toutefois s'il distribue cet argent aux familles québécoises, il aura tellement fractionné cette «richesse» que cela reviendrait à payer à chacun le coût d'un pèlerinage à Sainte-Anne-de-Beaupré! Il ne rendra pas plus riches les familles. C'est si vrai que lorsque quelqu'un suggéra à Bernard Shaw, riche écrivain britannique et sympathisant socialiste, de distribuer sa richesse aux pauvres de sa ville, il répondit: «Je ne suis pas fou à ce point de vouloir augmenter le nombre de pauvres d'un autre citoyen».

En distribuant ainsi un milliard, vous aurez appauvri, M. le Ministre, le gouvernement qui a une dette, ne l'oublions pas, de 210 milliards $ qui siphonne, à elle seule, 10,4 milliards de dollars en intérêts annuellement, en pure perte. Un trou sans fond pour le gouvernement qui se traduit obligatoirement par des coupes dans les services à la population et par des augmentations de taxes, directes ou camouflées, ce qui constitue un frein à notre développement économique et est responsable des déficits budgétaires récurrents.

Donc le milliard de surplus, à l'exception d'un montant raisonnable consacré à la santé par exemple et à l'éducation, devrait être investi dans le remboursement de la dette.

Les sacrifices de la population depuis plus de 20 ans auraient ainsi un sens! Si vous aviez une dette pareille, vous ne gaspilleriez pas votre argent en le distribuant à droite et à gauche. À moins que... cet argent vous serve comme moyen de chantage électoral. Mais cela s'appelle de la politique! À courte vue, qui plus est.

Le gouvernement, comme beaucoup d'économistes, ont pensé à tort que l'inflation et la croissance économique allait faire fondre petit à petit la valeur de la dette. On affirmait cela quand la dette se chiffrait à 100 milliards $ en 2003 et voilà qu'elle a plus que doublé. Est-ce à dire que la dette nous accompagnera toute notre vie, toujours prête à grossir sans qu'on n'arrive à la contenir? À mon avis, on n'en sortira qu'en appliquant une «médecine de cheval» où chacun mettrait l'épaule à la roue. Comment? Par la création d'une taxe spéciale pour amortir notre énorme dette.

Un scénario possible: tout adulte à partir de 21 ans devrait assumer une taxe de 50 dollars pour la réduction de la dette. Ce serait une base commune pour toute la population adulte gagnant de 20 000 $ à 100 000 $. À ce montant, il faudrait ajouter un pourcentage du revenu afin que la taxe soit modulée selon le revenu. Et les entreprises devraient assumer leur quote-part.

Le plafond de la taxe s'arrêterait à 12 000 $. Que chacun fasse sa part. C'est le prix à payer pour tant d'années de laxisme. Le gouvernement récupérerait ainsi plusieurs milliards annuellement à consacrer exclusivement au service de la dette. Cette taxe devrait avoir une vie limitée dans le temps jusqu'à ce que la dette soit contenue à 100 milliards $ et ne devrait d'aucune façon servir à d'autres postes du budget et devenir ainsi une vache à lait pour le gouvernement.

Roger Greiss

Secteur Grand-Mère

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