Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire

Peu importe si c'est bon ou non, la... (François Gervais)

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Peu importe si c'est bon ou non, la fluoration demeure une mesure qui va à l'encontre des valeurs de notre société. Elle impose un traitement à toute une population, sans son consentement, va à l'encontre de plusieurs lois en santé et contrevient au Code civil du Québec quant aux droits des personnes.

François Gervais

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Le Nouvelliste

«Arrangez-vous comme vous voulez, mais faites en sorte que la population se ferme la trappe et accepte la fluoration...»

C'est pas mal ce que traduisaient les propos qu'a tenus le maire de Trois-Rivières lors de la séance du conseil de ville lundi soir pour faire suite aux questions des citoyens mécontents de la résolution adoptée. À plusieurs reprises, il a dit: «On va inviter le Ministère à mieux informer la population pour qu'il y ait acceptabilité sociale.» Traduction: dépensez plus d'argent pour faire de la publicité, laquelle va dire aux gens que la fluoration c'est bon, et faire en sorte que les gens cessent de ramener le dossier de la fluoration sur la table.

Est-ce que je suis la seule à trouver que ça ne fait aucun sens? Car pour moi, peu importe si c'est bon ou non, la fluoration demeure une mesure qui va à l'encontre des valeurs de notre société. Elle impose un traitement à toute une population, sans son consentement, va à l'encontre de plusieurs lois en santé et contrevient au Code civil du Québec quant aux droits des personnes.

Et les conseillères et conseillers sont là et ne disent rien! Pas un son, pas d'image. Entendent-ils ce que le maire dit à ses concitoyens? À leur population qu'ils sont censés représenter? Pourquoi se taisent-ils? Ont-ils peur des représailles du maire? Je ne vois rien, je n'entends rien, je ne dis rien. Serait-ce la devise du conseil de ville?

Par cette résolution, la Ville de Trois-Rivières invite le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec à lui faire la preuve que la condition de l'acceptabilité sociale a été réalisée pour les Trifluviens et Trifluviennes concernant la fluoration de leur eau potable.

Alors qu'est-ce qui cloche avec le maire de Trois-Rivières? Il dit ne pas savoir lire une prescription de son médecin, ne serait-il pas plus capable de lire ses propres résolutions? Car dans mon livre à moi, faire la preuve que l'acceptabilité sociale a été réalisée et informer les gens pour que soit réalisée l'acceptabilité sociale sont deux choses bien différentes.

La résolution initiale parlait d'un moratoire et d'une consultation publique. J'aurais vraiment aimé que cette résolution soit proposée. Peut-être qu'elle n'aurait pas passé. Sûrement pas en fait si je me fie à la façon dont le maire de Trois-Rivières dirige son conseil.

S'il fait taire ainsi ses concitoyens, je n'ai pas de difficulté à imaginer comment il fait taire ses conseillers. Et peut-être que c'est mieux que rien. Mais avec une résolution qui propose un moratoire, nous aurions pu voir qu'il y a un souci quelque part, ne serait-ce que minime, de faire valoir la liberté de choix des personnes. Et surtout, nous aurions pu voir qui s'y oppose. Pensez-y deux secondes. Un conseiller ou une conseillère qui vote CONTRE une consultation publique... Quel message cela envoie-t-il aux citoyens? Mon conseiller refuse de m'écouter et ne veut même pas savoir ce que j'ai à dire! Voilà ce qui en serait ressorti. Être conseillère et avoir l'intention de voter contre une résolution demandant de consulter sa population, moi aussi j'aurais eu tout intérêt à faire changer cette résolution et faire adopter à la place une résolution qui fait l'unanimité, qui me déresponsabilise et qui ne trahit personne.

Et sérieusement, de quelle autre preuve ont-ils besoin? Dix-sept mille cinq cents personnes qui disent non à la fluoration, une centaine de personnes qui se présentent à la séance du conseil un 4 juillet, 42 arguments pour lesquels la fluoration devrait être abolie... Il me semble que ça ne prend pas la «tête à Papineau» pour comprendre que l'acceptabilité sociale est loin d'être au rendez-vous à Trois-Rivières.

Valérie Renaud-Martin

Trois-Rivières

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