Dénoncer les injustices vaut mieux que les commettre

Bien que le C.A. ait été blâmé sévèrement... (Olivier Croteau)

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Bien que le C.A. ait été blâmé sévèrement par la Vérificatrice générale pour ne pas avoir assumé pleinement son rôle en matière de gouvernance, plusieurs des membres qui en faisaient partie y siègent encore.

Olivier Croteau

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Le Nouvelliste

En réponse à la lettre de Francine Ruest Jutras et Daniel McMahon intitulée «Le conseil et la direction de l'UQTR travaillent en collaboration», publiée dans notre édition du 30 juin dernier.

Dans Le Nouvelliste du 29 juin 2016, le recteur et la présidente du conseil d'administration (C.A.) de l'UQTR nous ont reproché de contribuer à ternir l'image de l'Université en dénonçant les injustices subies par des «ex-employés» de l'établissement dont les causes sont devant les tribunaux.

Qu'est-ce qui nuit le plus à la réputation de l'Université: dénoncer l'injustice ou la commettre? En congédiant des employés de l'Université qui ont signalé des conduites répréhensibles montrées du doigt par la Vérificatrice générale du Québec, alors qu'il garde en poste ou en emploi les administrateurs responsables de ces conduites répréhensibles, le C.A. commet précisément une injustice flagrante. Il ne s'agit pas simplement de dire que l'Université fait siennes les recommandations de la Vérificatrice, comme le font les dirigeants actuels, ils doivent avant tout corriger l'injustice subie par ceux qui ont initialement lancé l'alerte à la Vérificatrice.

Ils auraient certainement été protégés si le projet de loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles dans les organismes publics était en vigueur. L'université devrait être un modèle pour la société en matière de gestion inspirée par les plus hauts standards éthiques, et non pas un mauvais exemple. Son image ne pourrait être qu'améliorée.

De plus, en décidant de défendre à grands frais les administrateurs blâmés par la Vérificatrice générale du Québec et de maintenir les congédiements, le C.A. contribue lui-même à ce que l'image de l'Université soit ternie, car il existe de fortes probabilités que les témoignages devant les tribunaux ressassent sur la place publique des situations problématiques qui portent atteinte à l'image de l'Université et en révéleront de nouvelles qui affecteront à nouveau sa réputation.

Enfin, le constat d'un congédiement injuste d'employés en regard du traitement avantageux accordé aux dirigeants visés par les remarques sévères de la Vérificatrice générale ne peut avoir, malheureusement, qu'un effet démobilisateur sur les personnels de l'Université et engendrer une méfiance dans la communauté régionale envers son université. Redresser les injustices devrait être la première étape pour être en mesure d'espérer un développement institutionnel sous un véritable leadership. Celui qui a cours actuellement opte plutôt pour des pratiques qui s'apparentent à des représailles, comme le laissent entrevoir des éléments de la requête déposée récemment par Alain Fournier en cour supérieure afin que le tribunal homologue l'entente intervenue pour régler le dossier.

Bien que le C.A. ait été blâmé sévèrement par la Vérificatrice générale pour ne pas avoir assumé pleinement son rôle en matière de gouvernance, plusieurs des membres qui en faisaient partie y siègent encore. Comment se fait-il que ces derniers continuent de participer à des décisions qui perpétuent leur complaisance à l'égard des dirigeants en poste pendant la période de gouvernance durement critiquée par la Vérificatrice générale du Québec?

Les injustices ne se règlent ni en fermant les yeux, ni en reprochant à ceux qui les dénoncent d'avoir un discours répétitif, ni en continuant à prendre des décisions qui perpétuent l'injustice commise. Pour notre part, nous nous ferons entendre tant que ces injustices ne seront pas corrigées.

Si le fait de dénoncer les traitements injustes subis par des employés de l'Université nuit à l'image de l'UQTR, ne pas les régler nuit encore bien plus à la réputation de l'établissement. Comme l'exprime si bien le sage Siracide: «Si tu sèmes l'injustice, tu la récolteras sept fois dans tes sillons.»

René Paul Fournier,

ex-vice recteur à l'enseignement et à la recherche à l'UQTR (2002-2007)

Yves Gabias,

retraité, ex-directeur du Service de l'équipement

Normand Shaffer,

retraité, registraire de l'UQTR 2007-2013 et président de l'Association des cadres de l'UQTR (2009-2013)

Rémi Tremblay,

adjoint au vice-recteur académique (1999-2013)

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