Race de monde, race de chien

Un jeune homme pleure la mort d'une victime... (PHOTO ALAA AL-MARJANI, REUTERS)

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Un jeune homme pleure la mort d'une victime d'un attentat à la bombe à Sumbawa, le 1er mai.

PHOTO ALAA AL-MARJANI, REUTERS

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Le Nouvelliste

Je me disais dernièrement que si l'animal humain a été créé à l'image de Dieu, Dieu était assurément le Diable en personne. Bon; j'exagère peut-être, j'en conviens, mais pourtant, les preuves s'accumulent depuis des siècles; la méchanceté de l'être humain atteint souvent des sommets innommables et immondes.

Les souffrances qui peuvent affliger les êtres vivants de notre planète peuvent être qualifiées d'innombrables et d'incommensurables. La nature a pourvu les vivants de cette caractéristique de la souffrance (et sa douleur) pour nous avertir qu'un changement s'opérait dans l'équilibre de notre conception, et qu'une action bénéfique devait s'opérer pour ajuster à nouveau ce qui se dirigeait vers une chute, une déchéance.

Mais les souffrances ne sont pas toutes douloureuses, conscientes, permanentes; et notre sensibilité à celles-ci dépend de multiples facteurs. De plus, il y a les souffrances individuelles (mal de dents, dépression), les souffrances collectives (la pollution, la dictature), les souffrances naturelles (accouchement, vieillesse). Les mystères de la vie n'en finiront jamais de nous interpeller sur leur dangerosité à nous tuer. Chose certaine, nous trépasserons; certains dans d'atroces souffrances, d'autres, paisiblement sans aucune affliction, sous aucune torture physiologique, psychologique ou mentale.

Nous sommes une race et nous vivons dans ces mystères en essayant de limiter cette pénibilité de la souffrance qui nous guettera jusqu'au trépas.

Par chance, afin de pallier ce risque toujours latent, les vivants ont développé la solidarité, cette force qui soutient par l'autonomie de chacun, cette liberté personnelle justement toujours fragile et vulnérable malgré nous. Mais la solidarité est elle-même une force qui peut se fragiliser au nom d'un «chacun pour soi» devenant prioritaire selon des valeurs du moment, du siècle, selon cette race de monde qui perd contact avec une réalité, avec l'humanité.

Évidemment, l'autonomie de chacun est une valeur sacrée de la vie: aucune vie ne persiste longtemps si elle ne s'autosuffit pas. Mais aucune autosuffisance n'est totalement autarcique, d'où la nécessité de la solidarité.

La solidarité peut être permanente entre notre race de monde; elle peut aussi être occasionnelle, ponctuelle, en état de dormance. L'important cependant demeure sa présence reconnue par tous les vivants de la Terre pour maintenir la stabilité, l'équilibre de ce qui est. C'est vital pour notre monde, notre planète et toutes ses races.

Il faut donc conclure que nous sommes tous liés.

Même si Konrad Lorenz, biologiste (prix Nobel) nous a bien conscientisés au fait que l'humain était l'animal le plus dangereux de la planète, il ne servirait à rien de vouloir l'éradiquer pour assurer la pérennité de notre monde! Il faut composer ensemble, toutes races confondues, peu importe la dangerosité de chacune.

Nous ne pouvons exclure aucun vivant sans nous condamner nous-mêmes: il faut brider notre agressivité autant que faire se peut.

Il faut nous domestiquer, nous humaniser; rien ne sert de succomber à la tentation de l'épuration. Apprenons de l'Histoire humaine.

François Champoux

Trois-Rivières

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