Un jugement teinté de méconnaissance

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Le Nouvelliste

En réaction à la lettre de M. Henri-Paul Gosselin intitulée «Il faut aussi savoir se défendre», publiée dans notre édition du 9 juillet dernier.

Des assimilés! Quelle analyse monsieur Gosselin! Donc, si je comprends bien votre raisonnement, toutes les Québécoises et tous les Québécois qui ont décidé un jour ou l'autre d'aller vivre dans une autre province, sont des assimilés! Des colonisés? Et par choix par-dessus le marché! Qu'en savez-vous? Êtes-vous déjà allé ailleurs que dans la «belle province» de Québec? Je suis Québécois, monsieur, né au Cap-de-la-Madeleine et c'est à l'âge de 30 ans environ que j'ai décidé d'aller poursuivre ma carrière en Saskatchewan.

Ça fait 24 ans que j'habite à Regina. Donc, si je suis votre pensée, je serais donc un assimilé ou tout au mieux, un colonisé. C'est bien ce que vous dites, n'est-ce pas? Quelle ignorance de votre part! Sachez, monsieur, que les francophones de l'ouest du Canada, comme plusieurs autres à travers le pays d'ailleurs, se battent deux fois plus fort que les Québécois et les Québécoises pour défendre et conserver la langue de Molière pendant qu'au Québec, on ne se gêne pas pour utiliser des mots anglais de façon quotidienne, même à la télé parce que c'est plus «cool».

On entend à tour de bras les artistes à la télé qui disent, par exemple, «je chante pour mes fans» alors qu'auparavant, on disait les auditeurs, les spectateurs, le public, bref, on utilisait les bons termes! Oh, je ne dis pas qu'il n'y a pas de francophones assimilés à l'extérieur du Québec. Bien sûr qu'il y en a et il y en aura toujours. C'est le propre de la cohabitation de deux langues surtout si l'une domine plus que l'autre. Alors avant de dire que d'aller dans une autre province c'est s'assimiler, vous devriez regarder dans votre propre cour avant de parler.

À chaque année, depuis 1990, je viens passer mes étés dans ma ville natale et je remarque de plus en plus la piètre qualité du français au Québec tant à l'écrit qu'à l'oral. Je vous invite donc à écouter davantage ce qui se passe autour de vous avant de juger l'autre! Venez faire un tour dans l'Ouest. Vous verrez que les francophones, là-bas, ne font pas seulement se défendre, mais ils ont aussi un esprit communautaire remarquable.

Venez nous voir, vous apprendrez beaucoup de choses!

Gilles Groleau

Fransaskois (mais aussi Québécois!)

Regina

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