«Brexit» désolant

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Le groupe britannique était tout de même un morceau important de l'UE, après l'Allemagne et la France, et leur désistement va certainement fragiliser le groupe, son unité, sa crédibilité, son économie.

Associated Press

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Le Nouvelliste

Je ne crois pas qu'on ait fait de sondage sur l'attitude des Québécois vis-à-vis de la motion d'une faction des Anglais visant la sortie de leur pays de l'Union européenne. Malgré cela, et comme les Québécois (francophones) n'ont guère d'amour perdu pour les Anglais, où qu'ils soient, et que leur coeur irait plutôt vers la France et, secondairement, l'Europe, je suis certain de n'être pas le seul à déplorer la petite majorité obtenue en faveur du retrait politique et économique de l'Angleterre.

Je me rappelle qu'il y eut au moins quatre grands mouvements d'unification politique et économique des pays de l'Europe de l'ouest: d'abord par les Romains, ensuite par Napoléon, ensuite il y eut l'idéologie rajeunissante des «États-Unis d'Europe» préconisée par Victor Hugo et par une coterie idéologique et républicaine de son époque, et ensuite l'Allemagne hitlérienne avait aussi cette unification dans ses cahiers (en plus d'autres items moins réjouissants). La CEE, puis l'Union européenne sont une cinquième tentative audacieuse (en partie inspirée par un désir de faire coopérer des États qui naguère se faisaient la guerre, en partie par les enjeux et dangers de la mondialisation, laquelle risquait et risque de fragiliser les pays européens individuels vis-à-vis des géants économiques qui les talonnent (USA, Asie, Inde). Il est à noter que, à chaque fois, les insulaires britanniques ont toujours fait des misères aux «étrangers», joué la vierge offensée, réclamé des accommodements de toutes sortes, etc., et, une fois une certaine harmonie temporairement établie, n'ont guère contribué à rendre florissante la coopération à laquelle ils avaient finalement consenti.

Catastrophe peut-être, d'abord parce que le groupe britannique était tout de même un morceau important de l'UE, après l'Allemagne et la France, et que leur désistement va certainement fragiliser le groupe, son unité, sa crédibilité, son économie. Catastrophe aussi parce que, alimentés de l'insécurité soulevée par le djihadisme actuel et justifiés par l'inconfort social important causé par le phénomène associé des migrants du Moyen Orient, les mouvements de droite conservatrice en Europe en feront leur profit et risquent de faire tourner la politique de leurs pays respectifs vers un nombrilisme ethnique et un militarisme dignes des pires moments de leur histoire passée.

La droite américaine, évidemment, applaudit, et les «Canadians», très proches culturellement et économiquement des Américains, espèrent un regain de leur niveau de compétitivité, leur émule européen venant de prendre un coup dans l'aile. Même le Québec, partie du Canada, pourrait en bénéficier.

On ne sait pas encore ce qu'en pensent les Français, voire les Européens, étant donné que les Anglais ne s'étaient jamais montrés très avenants vis-à-vis du flirt des continentaux, mais je crains que, si le pire arrivait et que l'UE venait à ce désagréger, la planète politique prendrait triste figure, et la démocratie réelle (et réaliste, puisqu'il ne faut pas rêver) pourrait rendre son dernier souffle.

Louis Laurencelle

Trois-Rivières

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