Affaire de famille

Jean-François Lisée, candidat à la direction du PQ... (Photo David Boily, archives La Presse)

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Jean-François Lisée, candidat à la direction du PQ

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Le Nouvelliste

La dernière fois qu'on a voulu débattre de la souveraineté du Québec dans mon entourage, ça venait d'un «fédéraliste de droite» autoproclamé, professionnel de la santé, qui s'était joint à notre groupe d'amis un soir d'avril. L'ami d'enfance d'un ami; un type expansif qui m'avait glissé, le regard oblique: «X, c't'un séparatiste».

Il voulait en découdre, mais je n'avais pas beaucoup de choses à dire pour ma part (je ne suis plus un «peddler» de la cause. Recruter des «clients potentiels» qui savourent leur position de force et qui demandent - perversion! mensonge! - à se faire séduire? En fin de compte, les plus honnêtes veulent une police d'assurance et le mouvement souverainiste n'offre qu'un risque plus ou moins bien calculé).

«À quoi ça sert l'indépendance?» a- t-il demandé.

Et j'ai dit: «À préserver notre identité culturelle» (J'ai pensé à ça. Tac au tac. Rien qui invite à la discussion. Style catéchèse).

X, lui, s'est montré enthousiaste. Je le trouvais courageux, voire héroïque, tandis qu'il élaborait patiemment sur les distinctions entre «indépendantisme», «gauchisme», «socialisme», «syndicalisme», et tout ça en pure perte parce que toutes ces choses se trouvaient inextricablement liées au «discours de la gauche national-syndicaliste québécoise» des quarante dernières années, un folklore qui suscite l'indignation de la «droite» (écho de l'indignation de la gauche, «belle colère» qu'on accueille comme un vent de fraîcheur).

C'est dans l'air, la politique «en gros». La «bulkpolitik», accessible, polyvalente et à rabais.

C'est qu'une nouvelle génération (pas uniquement des jeunes) s'est éveillée à la chose publique avec le printemps 2012. Elle discute avec passion.

Je n'en suis pas. Je me tais. Mais je dois dire que, dans ma famille, nous nous sommes mis à parler de Jean-François Lisée, de ses propositions. Et puis dans la parenté. Une tante, une autre, un oncle, des cousines, des cousins, des conjointes, des conjoints... des gens qui n'ont pas grand-chose à gagner ou à perdre dans la joute politique et qui sont devenus membres du Parti québécois pour l'occasion.

Ils pensent que Lisée représente la meilleure alternative.

Moi aussi.

Modestement, nous nous mettons sur le chemin de la «machine à perdre» du PQ.

Ce n'est pourtant pas un parti à rejeter. Qu'on y pense: au pire, un électeur sur trois est souverainiste à l'heure actuelle. Chez les francophones, c'est un peu plus de la moitié de l'électorat.

On ne peut simplement attendre, comme on le fait à la CAQ, qu'une portion significative de cette base abandonne l'option pour que les choses changent. Ce serait déjà fait.

Par ailleurs, ce n'est pas honteux d'être souverainiste. Mais ce n'est pas trop d'exiger le report du référendum à un éventuel mandat en 2022. Cela permettrait, en plus, de mettre un terme aux tractations avec Québec solidaire, ce «business» politique qui ne voit dans la «convergence» qu'une occasion de se démarquer du PQ sur fond d'égale respectabilité.

On a dit abondamment que les militants péquistes ne se rangeront pas derrière Lisée, que ses chances sont minces.

Mais s'il fallait que d'autres familles discutent et que les gens s'en mêlent.

Ce n'est pas si difficile, prendre sa carte et voter. Combien doit-on être pour faire battre la «machine à perdre» et pour que le PQ redevienne le parti populaire qu'il était?

Simon Couillard

Trois-Rivières

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