Le pitbull, ce bouc émissaire

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En réaction à la lettre de Maxime Leclerc-Gingras intitulée Mort aux pitbulls! publiée dans notre édition du lundi 20 juin.

Merci M. Leclerc-Gingras d'avoir si bien expliqué, et de façon succincte, le principe du «patron moteur exacerbé» et le rôle de l'encadrement dans le modelage des traits de personnalité d'un chien.

Je suis de ceux qui applaudissent d'une part, la décision prise par bon nombre de villes d'interdire le pitbull sur leur territoire; et d'autre part, la volonté du gouvernement d'étudier la question et de soumettre des recommandations, et ultimement de légiférer sur la question de la gestion des chiens dangereux. 

Je comprends le point de vue de ceux qui comme vous ramènent le problème de la dangerosité canine à l'autre extrémité de la laisse. Bien sûr qu'ultimement l'humain est responsable. Bien sûr qu'il faut se poser des questions sur la motivation d'une personne à choisir une race de chiens dont le gabarit, la force et le potentiel génétique d'agressivité sont largement supérieurs aux «pékinois» comme vous l'avez imagé.

Je suis d'accord avec vous aussi quand vous dites qu'en éliminant le pitbull, il y aura quand même des personnes qui voudront posséder une race de chiens agressifs. Je crois qu'ils les choisiront non pas pour leur beauté, mais pour le sentiment de puissance et de domination que ces races confèrent. Car selon moi, il est là le véritable problème: la propension malsaine de certaines personnes à vouloir afficher leurs envies de contrôle.

Mais le fait de dire que la question des chiens agressifs est avant tout un problème humain est une vérité à laquelle tout le monde convient. L'heure n'est plus à la contemplation de ce que nous savons ou ne savons pas sur les comportements des grands canins; il est temps d'agir pour rassurer la population et pour se donner des codes de vie qui respectent la liberté et la sécurité de tous. Personne ne devrait avoir à craindre un animal qui se trouve à proximité lorsque nous sommes en collectivité.

Votre billet d'opinion, bien que fort instructif, ne propose tout simplement rien pour tenter de répondre à la question des chiens agressifs dans nos collectivités. Vous savez très bien qu'il serait impossible - bien que souhaitable - de faire passer des tests psychologiques aux personnes qui désireraient acquérir un chien de type pitbull afin de déterminer s'ils sont aptes à «encadrer» adéquatement leur animal. Cette approche ne passerait tout simplement pas. Alors que reste-t-il? On laisse faire? On ne fait rien? Bien sûr que non. L'interdiction de pitbulls n'est pas une réponse parfaite - d'ailleurs le pitbull n'est qu'accessoire dans tout ce débat, car nous devrions regarder comment nous encadrons tous les chiens en société - mais c'est un premier signal. La manifestation d'un désir collectif de voir balisée, nous l'espérons, la possession de ces descendants des canidés.

Le pitbull n'est pas la seule race de chiens agressifs; mais elle est la race symbolique qui rappelle dans l'esprit de tous le potentiel de dangerosité que représentent les chiens mal encadrés. Il y a aussi des attaques de berger allemand, de colley, de rottweiler et d'autres chiens de grandes tailles. Mais on en entend moins parler; tous les yeux sont aujourd'hui tournés vers le pitbull, qui a depuis longtemps mauvaise réputation. Qui n'a jamais ressenti un malaise à passer près d'un chien qui n'était pas en laisse? Vivre en société implique le respect des autres. Et ne pas avoir son animal constamment en contrôle en public va à l'encontre du respect des autres. 

J'aimerais souligner que bien que je sois pour cette mesure de bannissement et pour cette volonté du gouvernement de définir et d'encadrer la possession de chiens dangereux, je suis contre l'euthanasie des chiens dont la race est bannie. Les mesures pour les pitbulls existants devraient comprendre notamment la stérilisation de l'animal, l'enregistrement obligatoire, la tenue en laisse à tout moment en public (et cela comprend lorsque l'animal descend de la voiture pour se rendre dans la maison par exemple), une formation obligatoire sur le comportement animal (pas du dressage) pour le propriétaire et l'interdiction complète de vente et d'achat de ces animaux sur Internet et dans les animaleries.

Si après avoir défini ce qu'est un chien dangereux et élaboré les codes de vie qui réglementeraient la possession de ces chiens, nous pourrions alors très bien entrevoir une forme d'amnistie pour la race en sachant que nous aurions maintenant les outils pour agir sur le vrai problème: l'humain.

Gilbert Mercure

Trois-Rivières

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