Pars, Philippe!

Le premier ministre Philippe Couillard.... (Archives, La Presse)

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Le premier ministre Philippe Couillard.

Archives, La Presse

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Le Nouvelliste

Cher Philippe,

Tu permets qu'on se tutoie? J'espère que oui, étant donné que tu diriges ma destinée depuis deux très longues et pénibles années! Et nous ne sommes unis par aucun lien. Quelle chance tu as.

Tu décides que mon salaire suffit, tu choisis de me taxer plus que n'importe quel endroit au monde ne taxe ses travailleurs, tu choisis celui ou celle qui me représente ou qui est supposé me représenter, me défendre contre tes décisions honteuses. Tu ne m'adresses jamais directement la parole mais tu ne te gênes pas pour parler en mon nom, comme si j'étais d'accord avec toutes tes décisions ou celles que tu ne prends pas!

Depuis deux très longues années, je te regarde! Je n'ai pas vraiment le choix de te regarder, tu commets tellement d'erreurs, tellement d'entorses, il y a tant de scandales honteux dans ton entourage, que je te vois chaque jour dans ma télé, le seul luxe que je pourrai bientôt m'offrir sous ta gouverne. 

Je te regarde défendre un Sam Hamad incohérent, tenter de me faire croire qu'un Jacques Daoust est une pierre précieuse, et une Madame Charlebois se désintéresser des parents totalement laissés à eux-mêmes. Moi, sans défense, je ne puis que constater que tu permets à monsieur Blais, ce cher monsieur Blais de récupérer ce dont un Jacques Daoust ne veut plus.

Je regarde aussi ton cher ministre de la Santé, celui qui vient de ma ville natale et qui, lui, aura les moyens de se faire laver 12 fois semaine si l'envie lui en prend, se ficher totalement de laisser nos vieux dans leurs couches, en oubliant que ces gens ont déjà eu une dignité et l'auraient encore si tu ne la leur avais pas enlevée. Tu choisis tes cibles: celles qui ne peuvent rouspéter.

Je regarde aussi ton ministre de l'Éducation qui danse la même danse que toi, tu sais bien, celle qu'un artiste de chez-nous a dansée tellement souvent dans ses spectacles? 

Il n'y a que trois pas dans cette danse... un en avant, deux en arrière ! 

Toi et tes compagnons ministres la dansez comme des pros, bien que vous ayez changé légèrement la base!

Trois en arrière et puis encore trois en arrière. On n'avance donc pas. On recule... tout le temps, depuis que tu t'es mis en tête que tu étais meilleur dirigeant que neurochirurgien.

Ce que je ne comprends pas c'est comment tu fais? Je regarde aller les choses et je me dis qu'avec mon secondaire V, j'aurais pu faire tout aussi bien, peut-être encore mieux, qui sait? 

Oui oui, je suis tout à fait capable d'être indépendante, condescendante, de défendre l'indéfendable et j'en passe. Je ferais une excellente politicienne puisque j'apprends de toi, Philippe, ce qui ne se fait pas, ou ne devrait pas se faire. Je pourrais apprendre aussi à mes collègues, à les exhorter à se taire et à faire ce que je leur dis de faire et non le contraire. Je les ferais changer de chaises, au gré de mes humeurs, afin que leur apprentissage soit complet. Un p'tit bout à l'Éducation, un autre p'tit bout ici et pour finir la session, un autre là. Tu m'as tout appris.

J'ai honte à mon pays, j'ai honte de moi, de ne pouvoir réussir le tour de force de faire sortir dans la rue tous mes concitoyens et concitoyennes afin de te hurler mon désenchantement. 

J'ai honte de réaliser que du fond de ma cuisine, je te cries de me laisser tranquille, de ne plus toucher à mon salaire, de ne plus me permettre de vivre, mais de vivoter. J'ai honte de réaliser que malgré tous les scandales qui ont secoué ton passage dans notre institution, tu continues à protéger ceux et celles qui alimentent mon exaspération sans que tu ne sois capable de m'avouer, en me regardant dans les yeux, que vous avez tout faux.

Mais... j'y pense, Philippe... est-ce que tu m'as déjà regardée dans les yeux? Est-ce que tu m'as déjà demandé mon avis pour continuer à me démolir, comme toi et ceux que tu protèges le font? 

Est-ce que si je te dis haut et fort que je n'en peux plus de te voir me tourner en ridicule, tu vas accepter de te pousser? Et laisser la place à celui ou celle qui me comprendra, qui m'écoutera? 

Pourquoi n'acceptes-tu pas la réalité? Celle qui m'assure que nous ne sommes pas faits pour aller ensemble? Celle qui te dit que je n'en peux plus de toi, que je voudrais que nous nous séparions en bons termes, que tu prennes ta route, et moi la mienne avec quelqu'un d'autre qui aura vraiment ma destinée à coeur. Avec quelqu'un qui réalisera que je n'en peux plus de subir de la maltraitance. Car c'est ce que tu me fais. Tu me maltraites en ne m'écoutant pas, en défaisant un jour ce que tu as fait hier. Tu m'as laissé croire en toi, alors que je n'aurais pas dû. 

Tu sembles penser avoir toutes les sciences infuses, et ne pas te rendre compte qu'en fait, tu n'en as pas. Tu te fais mal, mais en m'écorchant vivement au passage. Pars, Philippe, pars pendant qu'il te reste peut-être encore un peu de bon sens. Pars avant que mon peuple et moi te montrions la porte!

Ce sera moins douloureux...

Claudette Claveau

La Tuque

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