Il n'y a pas de famille sans grand-mère

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Le Nouvelliste

Ma grand-mère me disait souvent qu'elle aurait été incapable «de faire la vie d'aujourd'hui».

En prenant deux minutes, je constate que sa sagesse me dépasse et que j'ai peine à vivre la mienne. Couple qui travaille trop, horaires de fou, contraintes de l'emploi, cours pour la garderie, cours pour les activités, cours pour le jogging.

Pourtant, élever 13 enfants comme mon aïeule dans un 6 1/2 de Montréal avec un seul maigre salaire relèverait de nos jours d'un exploit olympique. Pourquoi n'y arrivons-nous pas?

Serait-ce parce que personne ne veut mettre le doigt dans l'engrenage et prendre les mesures qu'il faut pour améliorer la conciliation travail-famille.

Les femmes ont pris les bouchées doubles (travail + famille), les hommes veulent prendre plus de temps au foyer, mais personne ne peut contraindre les gouvernements à accommoder un peu plus les parents. Les emplois à temps partiel, les horaires atypiques, les doubles emplois, toutes ces réalités du travail poussent les familles d'aujourd'hui à l'essoufflement.

Vivre à ce rythme mène la société droit vers un mur! D'ailleurs, les gouvernements semblent de plus en plus s'en inquiéter.

Le sujet est dans l'air dans la capitale fédérale, des consultations ont été lancées. Le provincial, pour sa part, est aux aguets. L'Institut de la statistique du Québec a publié en 2014 un article intitulé: La satisfaction de l'équilibre travail-famille comme gage de la santé mentale. C'est tout dire!

Bien entendu, il y a le congé parental au Québec; chose qui n'existait pas pour ma grand-mère. Mais ce moment précieux avec nos petits loups est vite relégué aux oubliettes pour un retour hâtif à la conciliation. Cette vieille louve n'aurait jamais acceptée de sacrifier ses petits. D'ailleurs, qui appelle-t-on lorsque nous sommes pris au dépourvu?

Cette femme sage me disait avoir vécu avec peu, mais avec l'essentiel: sa famille.

Aurait-on éludé nos origines à l'intention d'un bonheur indigeste? Ma grand-mère, comme la plupart des femmes d'une autre époque, cuisinait le bonheur admirablement bien...

Richard Ouellette

La Tuque

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