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Accabler les lanceurs d'alerte: les aberrations se poursuivent au C.A. de l'UQTR

Le recteur de l'UQTR Daniel McMahon.... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le recteur de l'UQTR Daniel McMahon.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Lettre adressée à M. Daniel McMahon, recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Monsieur le recteur,

Nous apprenions récemment que le conseil d'administration de l'UQTR avait rejeté l'entente conclue entre Alain Fournier et l'Université et entérinée par le Tribunal administratif du Québec. Cette décision et d'autres qui précèdent soulèvent de sérieuses questions sur les valeurs qui inspirent les membres du C.A.

En mai 2015, la Vérificatrice générale du Québec (VGQ) dévoilait un rapport accablant sur la gestion et la gouvernance de l'UQTR. Elle y dénonçait des actes répréhensibles commis par des dirigeants de l'Université tout en déplorant que ni le conseil d'administration ni l'Université du Québec n'aient assumé pleinement leur rôle relativement à ces conduites troubles.

Cette situation peu édifiante pour une institution chargée de transmettre les plus hautes valeurs éthiques a pu être dévoilée parce que des employés de l'Université, particulièrement Alain Fournier et Martin Gélinas, ont dénoncé des actes répréhensibles de leurs supérieurs, d'abord à des instances internes, puis à des instances gouvernementales.

Toutefois, non seulement le conseil d'administration n'a-t-il pas sanctionné les actes répréhensibles dénoncés, mais il a plutôt congédié Alain Fournier et Martin Gélinas, et ce, sur la base des recommandations des dirigeants faisant eux-mêmes l'objet de dénonciation.

Et il semble que le C.A. persiste et signe. N'y a-t-il pas là un conflit d'intérêts flagrant pour les membres qui ont également participé à la décision de congédiement ainsi que pour les représentants des personnels de l'Université qui ont à choisir entre les compensations aux lanceurs d'alerte et leur propre contribution à l'effort de redressement financier de l'Université?

Pour avoir refusé de cautionner les actes répréhensibles de leurs supérieurs et pour avoir lancé des alertes, Alain Fournier et Martin Gélinas ont non seulement perdu leur emploi ainsi que leur revenu, mais en outre ils ont perdu leur réputation professionnelle.

Ils ont traversé tout le spectre de la détresse: celui d'être abandonné par une institution pour laquelle ils se dévouaient, la perte de l'estime de soi et de la considération sociale.

Ils ont vécu et vivent toujours un oppressant sentiment d'injustice et de désespoir, sans compter le profond désarroi de la part de leurs proches. En outre, ils doivent encore lutter avec la dernière énergie pour que justice leur soit rendue.

Pendant ce temps, les administrateurs dont les conduites ont été dénoncées par la VGQ sont toujours à l'emploi de l'Université. Bien plus, l'Université a déployé des moyens juridiques colossaux pour défendre leurs décisions de congédier Alain Fournier et Martin Gélinas.

Il y a là une grave injustice à accorder la clémence aux acteurs responsables d'actes répréhensibles et à châtier sévèrement ceux qui ont dénoncé des conduites fautives.

C'est pourtant grâce à l'intégrité, au courage et à la loyauté de ces lanceurs d'alerte que le ministre est finalement intervenu pour exiger la démission de la rectrice, une première dans l'histoire des universités québécoises.

Si le projet de loi pour protéger les lanceurs d'alerte (Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles dans les organismes publics) avait été en vigueur au moment où ces événements se sont déroulés, il est bien évident que messieurs Fournier et Gélinas n'auraient pas subi ce type de représailles.

Monsieur le recteur, nous pensions que sous votre nouvelle gouverne le règne de l'injustice était bel et bien terminé. Malheureusement, force est de constater que tel n'est pas le cas.

Alain Fournier et Martin Gélinas ne sont pas de mauvais larrons qui ont mérité une condamnation, ce sont plutôt des «boucs émissaires» qui ont été sacrifiés et crucifiés sur la recommandation des dirigeants ayant eux-mêmes fait l'objet de dénonciation.

Ces iniquités doivent être enfin reconnues et redressées sous votre leadership. Surtout, ne vous drapez pas dans la toge d'un Ponce Pilate qui se lave les mains en se déclarant innocent du malheur des justes.

Avec notre profonde considération.

René Paul Fournier,

ex-vice-recteur à l'enseignement et à la recherche à l'UQTR (2002-2007)

Yves Gabias,

retraité, ex-directeur du Service de l'équipement

Normand Shaffer,

retraité, registraire de l'UQTR 2007-2013 et président de l'Association des cadres de l'UQTR (2009-2013)

Rémi Tremblay,

adjoint au vice-recteur académique (1999-2013)

Copies conjointes

- Mme Hélène David, ministre responsable de l'Enseignement supérieur.

- M. Carlos Leitão, ministre responsable de l'Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes

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