La peur d'une dérive

Mgr Gérald Cyprien Lacroix... (Photothèque Le Soleil)

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Mgr Gérald Cyprien Lacroix

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Le Nouvelliste

Mgr Lacroix, le 30 mai, aux nouvelles télévisées, vous dites avoir peur des «dérives» concernant l'euthanasie ou l'aide à mourir. Or, Monseigneur, c'est vous-même et votre religion qui dérivez de façon fondamentaliste, en vous opposant aux progrès de la société et aussi aux droits fondamentaux de la personne.

Faut-il interdire un bienfait sous prétexte qu'il pourrait y avoir des abus? N'est-il pas préférable de s'ajuster au fur et à mesure? Pourquoi refuserions-nous d'assister un être humain en phase terminale dans son passage de vie à trépas? Qu'y a-t-il d'humain dans le maintien de la souffrance chez un être condamné?

Pourquoi ce qui, envers un animal, prend figure de compassion devient-il un meurtre pour un être humain?

Pourquoi nos faux savants de l'Église catholique romaine ne nous laissent-ils pas libres d'user de notre jugement, de notre bon sens et de notre naturelle compassion envers nos semblables?

Une personne humaine, atteinte d'une maladie incurable, dont les souffrances n'ont d'autre justification que la moralité de l'attente d'une mort certaine, doit-elle s'exiler aux Pays-Bas pour que la libération qu'elle désire lui soit accordée? Quels sont les droits réels de la personne?

Qu'on améliore cette qualité de soins, mais pour les malades sans espoir de guérison, quand c'est une question de temps, n'est-ce pas à eux, et à eux seuls, de faire le choix?

La qualité des soins n'est pas et ne sera jamais la qualité de vie. Non seulement le malade devrait-il pouvoir décider de son sort, choisir une alternative et, possiblement, changer d'idée, puisque tout choix est révocable, mais il est le seul à pouvoir juger du moment où ses souffrances, autant morales que physiques, sont devenues intolérables. Personne ne peut le faire à sa place.

Le débat opposant les candidats à une mort assistée et les corps médical et légal est déjà suffisamment épineux, sans que les religions viennent s'en mêler. Pourquoi les évêques viendraient-ils brouiller les cartes en semant la peur. Mgr Lacroix, vous avez droit à votre opinion, mais de grâce, ne semez pas la peur de par votre peur religieuse!

Andréa Richard

Trois-Rivières

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