Arrêt-stop?

Janvier 1982, le Parti québécois est au pouvoir depuis 1976 et il s'acharne à... (Archives La Presse)

Agrandir

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Janvier 1982, le Parti québécois est au pouvoir depuis 1976 et il s'acharne à contrarier les anglophones en s'attaquant à leur langue depuis le début de son mandat sous prétexte de protéger la langue française.

Ils ont commencé avec la loi 101, qui a été utile bien évidemment et qui a été adoptée par l'Assemblée Nationale même si elle contenait quelques articles jugés par la suite inconstitutionnels par la Cour suprême du Canada et indignes d'un gouvernement démocratique. Et ceci au vu et au su du père de la loi 101, Camille Laurin, qui a subséquemment reconnu publiquement qu'il avait fait exprès pour y mettre ces articles sachant très bien qu'ils allaient semer la controverse dans la province. 

De toute façon, lorsque le Québec deviendrait indépendant, nos bons péquistes rétabliraient ces articles.

Au ministère des Transports, le ministre de l'époque, Lucien Lessard, a un éclair de génie. Il va proposer un décret qui va avoir pour effet de faire disparaître pour toujours de tous les coins de rue du Québec cet affreux mot anglais «STOP» qui défigure notre territoire depuis tant d'années et le remplacer par le mot français «ARRÊT», ce qui ne manquera pas de plaire aux purs et durs du PQ et en boni, horripiler les anglophones. À quel coût? On s'en contrefout. 

L'important ce n'est pas ce que ça va coûter mais bien de démoraliser nos amis anglais.

Au cours des derniers mois, grâce à Internet et à la bibliothèque locale, j'ai recherché de l'information sur les mots «arrêt» et «stop» et ce que j'y ai trouvé a été assez étonnant. D'abord le mot «arrêt» n'a pas comme signification première un arrêt complet. Il désignerait plutôt l'action ou le fait d'arrêter.

Pour un impératif, il faudrait utiliser le mot «stop» qui est un ordre de s'arrêter complètement et non de ralentir et arrêter si on le désire. Il paraîtrait que le Nouveau-Brunswick et Ottawa utiliseraient une signalisation supposément bilingue. 

Dans le cas d'Ottawa, je m'y rends plusieurs fois par année pour y visiter mon fils et jusqu'à maintenant, je n'ai jamais aperçu un seul panneau bilingue. Où sont-ils?

Dans mes recherches, j'ai découvert un autre fait surprenant. Dans le Dictionnaire historique de la langue française, on spécifie que le mot «stop» est une interjection d'époque révolutionnaire qui serait apparue pour la première fois dans un dictionnaire de langue française en 1792. Oui, vous avez bien lu: en 1792. Et ce mot ne serait pas français? Serait inacceptable dans la langue de nos péquistes ici au Québec? 

De plus, l'origine du mot «stop» ne serait même pas l'anglais, mais plutôt d'origine latine et même germanique.

Finalement, j'ai vérifié avec l'aide d'Internet les règlements de la signalisation routière de presque tous les pays du monde, principalement ceux qui utilisent le français comme langue parlée. 

Combien d'après vous utilisent le mot «arrêt»? Je vous le donne en mille: AUCUN. À l'exclusion bien sûr du Québec.  

Claude Paquette

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer