Une proposition irréaliste

Les députés de Rousseau, Nicolas Marceau, de Sanguinet,... (Photomontage Lapresse.ca, photos PC)

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Les députés de Rousseau, Nicolas Marceau, de Sanguinet, Alain Therrien, et de Chicoutimi, Mireille Jean, vont tenter de faire la promotion de leur proposition auprès des quatre candidats à la direction de leur parti.

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Le Nouvelliste

En réaction à l'éditorial de Martin Francoeur intitulé «Travestir la souveraineté», paru dans notre édition du mercredi 1er juin. 

La stratégie proposée par l'ancien ministre Marceau et ses collègues s'apparenterait, selon l'éditorialiste Martin Francoeur, à une mascarade. L'objectif serait de proposer par référendum un choix entre deux propositions: un fédéralisme renouvelé et la souveraineté. Évidemment, comme le souligne M. Francoeur, ce n'est pas réaliste, parce que le Québec n'est pas seul dans cette joute. Et que le Canada ne serait pas en mesure de faire une proposition acceptable au Québec dans les prochaines années.

Pourtant, je me souviens de 1980: M. Trudeau père avait repris le pouvoir et pour garder le Québec dans la fédération, il promit des changements. Nous mettrons nos sièges en jeu, disait-il, nous les députés du Québec mettons nos sièges en jeu pour des changements constitutionnels. Il prévenait le Canada, le statu quo n'était pas acceptable, et les députés fédéraux du Québec ne l'accepteraient jamais.

De façon unanime, l'Assemblée nationale a dit qu'on s'est fait avoir: le Québec en entier à rejeté les changements proposés par le fédéral, avec comme pierre d'assise le rapatriement. N'aurait-il pas été préférable que les Québécois se prononcent alors en connaissance des deux options: celle qu'envisageait M. Trudeau et celle que proposait M. Lévesque? Que serait-il arrivé si M. Lévesque avait pris M. Trudeau au mot et avait reporté la date du référendum, le temps de permettre à M. Trudeau de déposer son projet? On aurait pu objecter que c'était irréaliste de croire qu'il puisse déposer quoique ce soit dans un délai raisonnable, et avec raison. Pourtant, il n'a mis que deux ans, après le référendum pour rapatrier la constitution, en y incluant une charte des droits et libertés. La majorité des Québécois, La Presse et ses affiliés en tête, ont jugé que les promesses de M. Trudeau d'un renouvellement rapide étaient réalistes, qu'il fallait lui faire confiance.

Ce que proposent maintenant M. Marceau et son groupe, c'est d'accorder la même confiance à M. Trudeau fils (qui dispose d'un capital de sympathie plus élevé) pour qu'il dépose un projet d'ici six ans. Trudeau père en a mis deux. La difficulté est la suivante: M. Trudeau père pouvait se passer de l'accord du Québec, ce que M. Trudeau fils ne pourrait évidemment pas faire. Le référendum aurait lieu après, pas avant... En ce sens, M. Francoeur, vous avez raison, la proposition Marceau n'a pas d'avenir. Continuons plutôt de recourir à la clause dérogatoire pour protéger notre spécificité. Continuons de compter sur la péréquation plutôt que du support à Bombardier, à notre industrie forestière, à Hydro-Québec. Ottawa soutient bien Hydro Terre-Neuve, qui vient maintenant nous concurrencer...

Pierre Martin

Trois-Rivières

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