La réussite scolaire: profs motivés et matériels adaptés

La réussite scolaire dépend essentiellement du degré de la motivation de... (Infographie Le Soleil)

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Le Nouvelliste

La réussite scolaire dépend essentiellement du degré de la motivation de l'élève ainsi que de l'effort qu'il déploie pour atteindre son objectif. Cependant pour que cette équation fonctionne, deux critères doivent simultanément se mettre en marche.

Comme la motivation est généralement suscitée par le truchement de l'enseignant, il est important que celui-ci adhère aux objectifs du programme proposé par le ministère et comprenne leur portée, puisque lui et ses élèves font partie d'un système.

Or, l'enseignement au primaire et au secondaire, depuis l'implantation de la nouvelle réforme en 2000, est un échec, selon une équipe de chercheurs de l'Université Laval. Les résultats des élèves ont régressé par rapport à ceux obtenus d'avant la réforme.

Pourquoi cet échec? L'enseignement des connaissances ayant cédé la place à une pédagogie par projets, cette approche appelée par compétences (transversales!) a évacué l'apprentissage, soit la mémorisation des notions, des théories, bref, des connaissances.

C'est l'élève qui construit son propre «savoir» à partir de son projet, ce qui peut être limitatif selon la qualité des projets.

Or, pour réussir des études postsecondaires, un élève doit avoir emmagasiné des connaissances, des bases solides et être capable de raisonner sur des concepts. L'abstraction est rarement utilisée dans un projet. Comment l'élève pourrait-il argumenter un tant soit peu s'il n'a ni connaissances ni capacité dialectique sans le support du concret?

Ce n'est pas tant la réforme elle-même qui est en cause que son application. Son objectif est louable, mais plusieurs enseignants n'ont pas voulu l'accepter et encore moins la mener à sa finalité. Or, si le prof n'adhère pas aux objectifs du programme ou s'il ne les comprend pas, comment peut-il s'enthousiasmer pour communiquer sa passion? Ce n'est pas si évident!

D'autre part, on ne peut demander à un prof surchargé par les préparations, la prestation des cours et les corrections d'écrire aussi des ouvrages pédagogiques. Il se rabat donc sur des manuels produits par les maisons d'édition. Or, des programmes aux objectifs larges et flous donnent lieu à des productions aussi variées que disparates. Ce sont des dizaines de manuels différents avec des conceptions différentes qui sont dans les faits utilisés.

À quand un nombre plus limité de manuels bien pensés venant à la rescousse de l'enseignant et des élèves et cela à la grandeur de la province? Un bon manuel est celui qui reflète l'esprit du programme, qui favorise des savoirs de base et permet à l'élève de l'utiliser de façon autonome. C'est une des causes de la performance du système scolaire anglophone.

Le premier ministre Couillard a d'ailleurs qualifié la réussite chez les anglophones de supérieure à celle des francophones.

C'est pourquoi, le ministère avec ses grands moyens, de concert avec les maisons d'édition, se doit de stimuler la production de bons instruments de travail avec support informatique où la partie théorique offre un cadre stratégique approprié pour permettre à l'enseignant d'animer avec efficacité sa classe ou son atelier.

La matière sera divisée selon une démarche structurée, cohérente et qui poursuit des objectifs précis. On retient mieux quand il y a un enchaînement logique et une progression.

En somme, des cours appropriés, exigeants et des exercices qui haussent le niveau. Le jeune est capable de comprendre et d'assimiler beaucoup plus qu'on pense si on a la bonne approche.

Ce seront des cours immédiatement transposables et utilisables en classe ou en atelier pour tout enseignant ou son remplaçant éventuel.

Aussi, tout élève le moindrement débrouillard y trouvera son compte. Avec de tels instruments, les parents, eux, pourraient accompagner la progression de leurs enfants. Tandis que le prof sera alors disponible pour aider ceux et celles qui sont en difficulté.

C'est faute de n'avoir pas pris en considération ces deux critères: adhérence dynamique des profs aux objectifs et manuels mieux adaptés que la réussite scolaire est mise à mal au Québec.

Roger Greiss

Secteur Grand-Mère

Shawinigan

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