Se défaire de l'étiquette Harper

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L'ex-premier ministre du Canada, Stephen Harper

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les conservateurs réunis ces jours-ci en congrès national à Vancouver auraient avantage à tout mettre en oeuvre pour se défaire de l'étiquette de «parti de Stephen Harper», qui a collé à la peau du parti depuis sa création en 2003. Après avoir poliment écouté l'ancien premier ministre jeudi soir, les militants doivent maintenant se tourner vers la redéfinition de l'image et des positions du parti.

Si on dit que Stephen Harper est sorti de son mutisme pour la première fois depuis la défaite électorale d'octobre dernier, ça n'aura pas été pour dire grand-chose. À part des remerciements interminables et un une éloge de l'unité nationale dont il attribuait presque la cristallisation au règne de son parti, le discours prononcé par l'ex-premier ministre n'avait rien d'un testament politique et encore moins d'un état de la situation.

Pourtant, un tel exposé aurait été nécessaire pour que le parti puisse se questionner sur son identité et sur les raisons de sa cuisante défaite le 19 octobre dernier.

Peut-être que maintenant que Stephen Harper a fait son discours de sortie de la scène publique, les conservateurs pourront faire plus rapidement le constat que le parti ne peut plus se permettre de fonctionner en fonction d'un seul individu. Stephen Harper, c'est connu, était pratiquement le seul maître à bord. Il imposait ses façons de faire et bon nombre de ses idées. Il a lui-même élaboré les stratégies de la dernière campagne électorale et on ne se trompe pas en disant que lui seul peut être blâmé pour la débandade des conservateurs. Rappelez-vous les points de presse et les mises en scène avec de faux billets de banque... On a pris les Canadiens pour de parfaits imbéciles.

Pour se renouveler et espérer faire mieux aux prochaines élections, le Parti conservateur doit adopter une approche de communication complètement différente de celle qui était en vigueur pendant les dix ans où il a formé le gouvernement. L'obsession pour le contrôle du message est un échec et un irritant majeur, tant pour les parlementaires que pour les journalistes et la population en général.

Le parti doit aussi s'ouvrir aux réalités nouvelles. On peut penser qu'un bon nombre de membres ou de sympathisants du Parti conservateur sont prêts à passer à autre chose sur certaines positions rigides, notamment sur des sujets à incidence sociale.

À preuve, cette résolution surprenante entérinée vendredi par les délégués présents à Vancouver sur la reconnaissance du mariage entre conjoints de même sexe. Il y a longtemps que plusieurs militants conservateurs, associés davantage à la mouvance progressiste, souhaitaient que le parti abandonne sa définition stricte du mariage comme étant l'union entre un homme et une femme. La motion a passé, à 279 voix pour et 143 voix contre, ce qui lui vaudra peut-être le privilège d'être débattue aujourd'hui, en plénière cette fois.

Il y a plusieurs autres questions qui pourraient ainsi être dépoussiérées dans le programme des conservateurs. Évidemment, cela comporte toujours un certain risque pour un parti identifié aux valeurs plus traditionnelles, de perdre des partisans d'une droite idéologique plus rigide.

Quoi qu'il en soit, le Parti conservateur doit se défaire de certaines positions obsolètes et se coller davantage aux valeurs de la société canadienne et redéfinir ce que doit être la droite.

Le parti, il ne faut pas l'oublier, n'a eu qu'un seul chef depuis sa création. Et c'est un chef qui, bien que compétent sur plusieurs points, avait le charisme d'un géranium. Rona Ambrose a beau n'être que chef intérimaire, on observe déjà une différence majeure dans la façon de mener les troupes et, surtout, de se présenter en chambre ou devant les médias.

Donner un visage plus humain à ce parti ne serait certainement pas une mauvaise chose.

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