Québec et Alcoa devraient négocier une nouvelle entente

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Les grandes comme les petites industries ont une obligation dans les charges sociales. Ils ne peuvent pas seulement profiter du système, car leurs dirigeants et leur personnel profitent eux aussi des mesures sociales.

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Le Nouvelliste

En réaction à l'article de Marc Rochette intitulé «Nouvelle menace sur l'A.B.I.: le milieu se place en état de veille» publié dans notre édition du 20 mai dernier.

«Nous examinons toujours tous nos actifs et nous n'écartons aucun scénario», a affirmé le président d'Alcoa Groupe Produits primaires, Roy Harvey, au cours d'une entrevue accordée mercredi à La Presse canadienne à l'occasion de son passage à Montréal.

Monsieur Harvey signale que «la facture énergétique de l'A.B.I. était la plus élevée au pays», pourtant Alcoa, comme toutes les autres industries, bénéficie de tarifs préférentiels qu'il insiste à garder secrets.

Pourtant, monsieur Vandal, d'Hydro-Québec ne cesse de répéter que les tarifs d'électricité sont les plus bas au Canada. Pour le moins, une grande différence de point de vue sur la chose. Plus loin dans le texte il dit: «Une situation qui, à mon avis, ne peut plus durer».

Il ne faut pas oublier que les subventions, les réductions de taxes et les tarifs préférentiels que l'industrie lourde profite au Québec sont payés par les petits contribuables par une multitude de taxes spéciales et impôts directs.

De plus, les tarifs réduits que consent Hydro-Québec se reflètent par un manque à gagner qui ne retourne pas dans les coffres de l'État. C'est un peu le même principe d'Intact Assurance qui annoncent «deux accidents gratis»; il n'y a rien de gratis aujourd'hui, ce sont les bons conducteurs qui paient pour les mauvais.

Bien sûr, il y a environ 1000 emplois bien rémunérés qui ne sont pas à dédaigner; mais ce n'est pas par pure philanthropie que la compagnie garde ces employés, car lorsqu'il y a panne de production ou baisse des commandes, ces derniers sont mis à pied rapidement.

Par ailleurs, si l'on applique le même raisonnement, le gouvernement ne subventionne pas tous les commerces et les autres petites industries pour leur permettre de survivre; pourtant, eux aussi font vivre des employés. On leur répond: «C'est malheureux, mais si vous n'êtes plus compétitifs, vous devez fermer».

Les grandes comme les petites industries ont une obligation dans les charges sociales. Ils ne peuvent pas seulement profiter du système, car leurs dirigeants et leur personnel profitent eux aussi des mesures sociales telles que: éducation, hospitalisation, garderies, etc.

Encore plus frustrant, on se sert de notre énergie pour produire des lingots que l'on expédie aussi vite dans les pays qui n'ont aucun respect de la structure sociale et encore moins de la protection de l'environnement.

Par ailleurs, lorsque A.B.I. décida de s'installer au Québec grâce à une multitude de concessions de toutes sortes de la part des différents niveaux de gouvernement, j'ai peine à croire que leur rentabilité était basée seulement sur l'apport «gratis» des fonds publics. Qui plus est, A.B.I. vient de signer une entente valide jusqu'à 2030 avec le gouvernement de Mme Marois.

Je comprends que la situation peut changer au cours des années, mais on doit exposer et négocier les nouvelles conditions; mais pas comme les syndicats qui acceptent seulement de gagner sans jamais rien donner en retour.

Comme monsieur Roy Hardy le mentionne: «Une situation qui, à son avis, ne peut plus durer», c'est peut-être le temps d'une nouvelle négociation avec le gouvernement afin de revoir le plan d'affaires.

Comme la compagnie veut revoir les taux d'électricité à la baisse, on doit aussi réévaluer toutes les concessions faites par le système public, c'est-à-dire des subventions directes, tarifs d'électricité, les taxes foncières et avantages sociaux, contre les engagements de la compagnie: la garantie d'un fonctionnement prolongé de ses activités au Québec, le niveau des investissements de la compagnie dans l'industrie secondaire pour transformer les lingots en produits finis au Québec, et au profit des Québécois.

Je crois que les deux parties auraient avantage à s'entendre dans les structures d'un partenariat public privé, oui un PPP, dans lequel le contribuable québécois pourrait enfin s'attendre à ce que leurs investissements leur rapportent un jour des ristournes.

Gaétan Yelle

Trois-Rivières

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