Ne pas oublier nos jeunes

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La municipalité de Saint-Tite

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Les décisions politiques des derniers temps n'ont eu d'autres choix que de nous mener à ces «temps austères». Le Petit Robert nous apprend que le mot austère, dans sa première définition, se rapporte à ce «qui se montre sévère pour soi, qui se prive.» De quoi nous prive notre État? De sa culture, de son éducation, de son développement social... Qui prive notre État? Nos jeunes, entre autres.

Notre jeunesse qui aujourd'hui doit se battre pour l'accès et la qualité de l'éducation, doit également se battre pour conserver ses acquis sociaux. Les coupes budgétaires restreignent les services publics des professionnels et la portée des organismes communautaires tout en réduisant les enveloppes remises aux écoles. Mais quand le plus haut degré d'administration abandonne ses citoyens, il faut s'en remettre aux paliers inférieurs: les villes, les municipalités, les villages. C'est désormais sur eux que retombe la responsabilité de soutenir les jeunes. C'est sur ces communautés que rebondit la tâche de recoudre le tissu social pour qu'ensemble nous puissions mener nos enfants vers le bien-être et l'épanouissement.

C'est pour cette raison que je refuse que l'on néglige ces monuments sociaux de la culture québécoise que sont les maisons des jeunes. Laisser à l'abandon ces institutions communautaires, autrefois administrées par des bénévoles, aujourd'hui bien souvent refiler à la bureaucratie municipale, c'est priver nos jeunes d'un dernier refuge public qui n'est ni l'école, ni l'aréna, ni le stade de baseball. Je refuse qu'une ville qui engrange des milliers de dollars chaque année par l'entremise de son festival, soit dit en passant l'un des plus gros que le Québec compte en région, néglige l'administration et le financement de sa Maison des jeunes. Ne me dites pas, monsieur le maire, que ce financement doit passer par l'implication et la présence des jeunes en ces lieux. Vous qui connaissez si bien le monde des affaires, vous savez sûrement que pour faire tourner la roue, il faut donner de l'eau au moulin.

Alors, cessons de parler de rentabilité, parlons plutôt d'opportunité. Une opportunité de montrer aux gens de notre région qu'une municipalité de bon sens est en mesure de restaurer et de développer sa maison des jeunes pour en faire un endroit où nos jeunes pourront trouver soutien, réconfort et épanouissement à travers des projets qui rejoindront notre communauté. Nous savons que ce genre d'initiative renforce le sentiment d'appartenance chez nos jeunes et leur donne un tout autre regard sur leur ville. Ces jeunes qui plus tard feront sûrement le choix de rester (ou de revenir) dans une région qui est la leur deviendront un frein à l'exode rural qui s'insinue dans nos campagnes. Si l'on tient malgré tout à calculer le bonheur humain en termes économiques, c'est à coup sûr un investissement rentable.

À une époque où l'on planifie les solutions, pour demain, au vieillissement de la population, il ne faudrait pas oublier de s'occuper de nos jeunes, aujourd'hui. Un brillant artiste du Québec a dit dans l'une de ses histoires: «Il faut tout un village pour élever des enfants, mais il faut surtout bien des enfants pour élever un village.»

J'espère que notre ville saura élever ses enfants.

Pierre-Luc Baril

Ancien animateur de Maison des jeunes

Saint-Tite

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