Oléoduc Énergie Est: le jeu n'en vaut pas la chandelle

L'auteur, Jean-Marie Giguère, est président de l'UPA Mauricie. (Photothèque Le Soleil)

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Le Nouvelliste

L'auteur, Jean-Marie Giguère, est président de l'UPA Mauricie.

Au projet Oléoduc Énergie Est de TransCanada, l'UPA Mauricie dit non! Depuis maintenant plus de trois ans, le dossier fait couler beaucoup d'encre sur l'éventuel passage de 1,1 million de barils de pétrole par jour sur notre territoire.

Cette infrastructure traversera nombre de terres agricoles et forestières et nous avons de bonnes raisons de croire que les dangers pour l'environnement sont réels et que l'activité agricole y sera également entravée.

En 1978, les Québécois se dotaient de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA). Devant une ressource collective non renouvelable et face à l'importance de nourrir notre population, les élus du temps croyaient nécessaire de protéger la zone agricole de l'effritement et de la spéculation.

Force est de constater que le projet de TransCanada s'avère contraignant quant au respect de cette loi. En effet, sur plus de cent kilomètres en Mauricie, des infrastructures seront enfouies dans le sol et deux stations de pompage seront installées sur notre territoire, brimant l'accès et le plein usage des terres de plusieurs dizaines d'entreprises agricoles et forestières.

D'autre part, cet oléoduc ne traversera pas moins de dix rivières en Mauricie. À ce titre, une étude récente de Polytechnique Montréal relevait que le passage de cette infrastructure sur huit de ces rivières était à «risque élevé» en raison notamment des glissements de terrain. La population peut-elle courir le risque d'un déversement dans ses cours d'eau potable?

L'entretien des infrastructures et la responsabilité civile en cas de désastres soulèvent encore beaucoup de questions non résolues. Qui sera responsable en cas de déversements? Quel type de dédommagement sera-t-il octroyé à nos producteurs en cas de sinistres? Qui entretiendra cette infrastructure une fois sa durée de vie terminée (40 ans)?

On nous dira que c'est pour le développement économique du pays. Eh bien étant donné que la filière bioalimentaire mauricienne représente 7 % de toute l'activité économique de la région et que nous occupons 16 % du marché de l'emploi en Mauricie, une fois cette tuyauterie installée, les faibles 33 emplois promis par TransCanada pour le Québec entier ne semblent guère satisfaire nos intérêts économiques. Dans quarante ans la production agricole existera encore. Assurons-nous de protéger la qualité de nos sols et de nos cours d'eau.

Si nous voulons être cohérents avec les récentes visées du gouvernement du Québec quant à la réduction des hydrocarbures, pourquoi ne pas exploiter et développer notre potentiel hydroélectrique, celui qui caractérise si bien notre région? Voilà une vraie perspective de développement régional: une énergie propre au profit d'une agriculture et d'une foresterie pérenne.

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