Pour la stabilité des enfants en familles d'accueil

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Près de 6000 enfants sont accueillis par des familles québécoises qui leur prodiguent soutien et assistance, comme le prescrit la Loi sur la protection de la jeunesse.

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Le Nouvelliste

Lettre adressée à Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie.

Madame Charlebois, la Loi sur la protection de la jeunesse doit favoriser la stabilité des enfants en familles d'accueil.

Près de 6000 enfants sont accueillis par des familles québécoises qui leur prodiguent soutien et assistance, comme le prescrit la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ). Elles leur apportent en plus, amour, attention et valorisation, même si cela n'est pas inscrit à la loi.

Les enfants en famille d'accueil ont certes leur propre historique, mais ils ont ce besoin commun de stabilité. Pour certains, la famille d'accueil est une résidence temporaire jusqu'à ce qu'une situation familiale problématique se résorbe. Pour d'autres, elle sera le seul milieu familial significatif et c'est avec elle qu'ils établiront leur projet de vie.

La LPJ existe pour assurer le bien-être accru des enfants, encadrer la qualité des ressources et reconnaître l'apport des familles d'accueil. Nous ne débattons pas de sa légitimité, mais bien d'un aspect qui compromet actuellement la stabilité de l'enfant.

La LPJ stipule actuellement que seules les parties reconnues par le tribunal peuvent participer au débat, notamment lors d'une procédure de signalement, et avoir accès au dossier lors d'une intervention. Les familles d'accueil ne sont pas reconnues comme partie et réclament que la LPJ soit modifiée en ce sens dans tout processus administratif et judiciaire affectant un enfant.

Si une famille d'accueil veut bénéficier du droit d'être entendue, elle n'a d'autres choix que de procéder à un recours en intervention, dédales judiciaires et délais interminables s'en suivent. Elles ont droit à un procès, dans un procès. Cette procédure peut perdurer jusqu'à un an et demi. Il n'en faut pas plus pour que les enfants, retirés temporairement de leur milieu, subissent les contrecoups de ce non-sens. Liens d'attachement brisés et confiance affective endommagée.

Une simple comparaison avec la Loi sur les services à l'enfance et à la famille de l'Ontario démontre toute l'incongruité de la LPJ. Chez nos voisins, une famille d'accueil a droit au statut de partie, si l'enfant est dans la ressource depuis au moins six mois.

En refusant de considérer automatiquement les familles d'accueil à titre de parties, comme le fait pourtant l'Ontario, le Québec envoie le message que la valeur de l'opinion et de l'expérience de ces ressources est de seconde importance.

En 2016, année de révision de la LPJ, la FFARIQ compte faire valoir la position de ses membres afin d'y apporter une modification durable qui favorisera la stabilité de l'enfant et reflètera mieux la réalité. Une pétition est d'ailleurs disponible sur le site Web de l'Assemblée nationale dans la section «Exprimez votre opinion».

Les familles d'accueil sont des familles avant tout. Madame la ministre, vous devez faire en sorte que la LPJ reconnaisse leur apport envers la stabilité de nos enfants.

Jacinthe Boucher

Présidente de la Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec

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