Saint James et les Récollets

En 1961, Raymond Douville , alors sous-secrétaire de... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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En 1961, Raymond Douville , alors sous-secrétaire de la province, proclama monument historique le couvent et l'église des Récollets, sous vocable officiel de St. James.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Au 784 des Ursulines, un bel écriteau, en grosses lettres: St. James Anglican Church. Welcome. Puis, en dessous, en petites lettres: Église anglicane St-James. Bienvenue.

S'agit-il d'une dérogation à la loi sur l'affichage bilingue où le français doit dominer? Sans doute plutôt une gentillesse envers notre minorité anglophone.

L'ensemble du couvent et de l'église vient d'être restauré avec goût, dans le style du régime français. Depuis toujours les Trifluviens ont parlé du couvent et de l'église des Récollets, malgré l'écriteau.

À juste titre, car ces Récollets, cousins des Franciscains, sont venus dans notre région, avant même la fondation de Trois-Rivières, en 1634. Puis ils reviendront s'installer chez nous pendant un siècle, de 1671 à 1776, jouant le rôle de missionnaires et curés résidents. C'est en 1693 que ces religieux construisirent leur couvent et, en 1700, une église en bois, reconstruite en maçonnerie, en 1754.

Les Récollets habitèrent leur couvent et assurèrent les services religieux dans l'église jusqu'en 1760, année de la Conquête. Alors notre précieux patrimoine, selon les lois de la guerre, devint propriété des Anglais, nos vainqueurs.

Au début du Régime anglais, le domaine des Récollets servit à des usages très divers: hôpital pour soldats anglais, salle d'audience, prison, résidence du geôlier, entrepôt, etc. Qui oubliera que, le 23 septembre 1760, dans ces lieux saints, les Trifluviens conquis furent forcés de remettre leurs armes aux vainqueurs et surtout, séance tenante, de prêter allégeance à la Couronne d'Angleterre? Voilà pour la «petite» histoire!

Et St. James, là-dedans? Vers les années 1815, quelques anglicans obtinrent l'autorisation d'utiliser la petite église un peu à l'abandon. Ils en firent leur paroisse et, en 1830, par des lettres patentes, Lord Dalhousie, gouverneur général, consacra officiellement l'église au culte anglican.

En 1833, elle fut identifiée sous le vocable de St. James. En 1961, Raymond Douville - qui avait habité rue des Ursulines, en face des Récollets -, alors sous-secrétaire de la Province, proclama monument historique le couvent et l'église des Récollets, sous vocable officiel de St. James.

C'est ainsi que furent «débaptisés» les seuls témoins de la présence des Récollets pendant un siècle, en terre trifluvienne.

Espérons que les animateurs touristiques feront allusion à l'oeuvre des Récollets, sans oublier la légende du pendu!

Jean Panneton, prêtre

Trois-Rivières

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