623 $, ça se coupe pas!

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Avec le montant donné à l'aide sociale, la personne seule couvre environ 44 % de ses besoins.

La Voix de l'Est

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Le Nouvelliste

La semaine dernière avait lieu la Semaine de la dignité des personnes assistées sociales. À cette occasion, les groupes-membres de la Coalition pour les droits des personnes assistées sociales des régions Mauricie et Centre-du-Québec dénoncent les coupes qui sont faites à l'aide de dernier recours alors que le montant offert est déjà insuffisant pour couvrir les besoins essentiels.

Six cent vingt-trois dollars par mois, c'est en principe le montant auquel a droit une personne seule considérée apte au travail. Cela constitue un revenu annuel de 7476 $. Ce montant est censé couvrir les besoins essentiels.

La mesure du panier de consommation de Statistique Canada (évaluation du montant nécessaire pour qu'une personne seule puisse couvrir ses besoins essentiels) est d'environ 17 000 $ par année pour une personne habitant dans une ville de la grosseur de Trois-Rivières. Avec le montant donné à l'aide sociale, la personne seule couvre environ 44 % de ses besoins.

Malgré ce fait, ce 623 $ ne constitue pas un montant de base intouchable. Au contraire, ce montant peut être diminué de moitié par diverses mesures dont les pénalités et les remboursements, conduisant la personne jusqu'à la limite du dénuement total.

Le nouveau projet de loi 70 souhaite mettre en place d'autres mesures pénalisantes si la personne refuse ou met fin à une mesure d'employabilité ou refuse un emploi que l'aide sociale jugerait convenable et cela sans tenir compte des besoins de la personne, sans critères de ce qu'est un emploi convenable, sans recours pour le prestataire.

Les normes actuelles à l'aide sociale sont déjà un déni du droit à un revenu décent. Cette mesure, si elle était appliquée, constitue une aggravation de la précarité et de la vulnérabilité des personnes à l'aide sociale.

À l'heure où le prix des aliments explose, à l'heure où Hydro-Québec fracasse des records sur le nombre de clients débranchés, à l'heure où les faillites personnelles bondissent au Québec, c'est une honte qu'une société qui se dit civilisée soit prête à entériner le recours à la violence économique pour motiver des gens à participer à des mesures d'employabilité, dans un contexte de pertes d'emploi et envisage la possibilité de les conduire au dénuement total pour arriver à ses fins.

Si le gouvernement fédéral reconnaît aux personnes qui font faillite le droit de conserver certains biens et un minimum de revenu pour vivre, il n'y a pas lieu de permettre au gouvernement du Québec d'user de violence économique pour parvenir à ses fins. 623 $ par mois, personne ne peut vivre convenablement avec ce montant.

Nous croyons que diminuer ce montant - quelle qu'en soit la raison - constitue en soi une violence économique qui ne doit pas être acceptée.

Johanne Larouche,

Comité des droits sociaux de La Tuque

Marie-Josée Lapointe,

Droit Devant - Érable

Lisette Dionne,

Groupement pour la défense des droits sociaux de Trois-Rivières

Pierre Blanchet,

Mouvement d'action solidaire des sans-emploi des Chenaux

Linda Proulx,

Regroupement des droits sociaux de Nicolet

Josée Despins,

Regroupement des droits sociaux de Shawinigan

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