Alexandre Cloutier possède les qualités d'un chef

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Tout bien considéré, sur la base des qualités attendues d'un chef de parti, le PQ serait bien avisé de faire l'économie d'une nouvelle course et de couronner Alexandre Cloutier.

La Presse

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Le Nouvelliste

Dans Le savant et le politique, le célèbre sociologue allemand Max Weber rappelle que l'homme politique est celui qui met sa main dans la roue de l'histoire. Se hisser à ce niveau, c'est ce qui fait la grandeur mais aussi la difficulté du métier politique. Le porteur d'une vocation aussi exigeante doit donc posséder dans sa besace personnelle un certain nombre de qualités.

Ce qui est encore plus vrai lorsque cet homme ou cette femme politique veut devenir chef du PQ et faire du Québec un pays. Mais, quelles devraient être ces qualités qui pourraient servir de guide pour le choix d'un nouveau chef?

La première qualité est le dévouement à une cause qui mobilise l'être tout entier et incarner l'espoir en l'avenir. Celui qui fait de la politique en dilettante ou en se calant dans les sondages, celui-là n'est qu'un vulgaire politicien. On peut prévoir qu'un jour ou l'autre, il se verra disqualifié comme n'étant pas à la hauteur de sa mission.

La deuxième qualité repose sur le sens des responsabilités. Une qualité qui ne va pas sans une solitude et une certaine distance à l'égard de soi-même et des autres. Dans les instants troubles, le chef politique peut vaciller entre autorité et paranoïa, sang-froid et impatience, habileté et cynisme. Mais une vérité s'impose: tout homme de pouvoir est seul. Et même si tout lui échappe, tout dépend de lui et de ses valeurs.

La troisième qualité porte sur le sens des opportunités. Bien analyser les situations concrètes au sein d'une équipe, ne pas se perdre dans les détails, garder une hiérarchie des urgences, choisir les moments favorables et repérer «les fenêtres de tir» comme on aime le dire aujourd'hui dans le langage stratégique.

La quatrième qualité est reliée à l'éthique de conviction et à l'éthique de responsabilité. Le chef politique peut agir uniquement en fonction de ses convictions sans égard aux effets ou il peut se montrer responsable en privilégiant les actes en fonction de leurs conséquences prévisibles. Il est donc le seul à devoir faire preuve de courage en payant de sa personne pour tenter de faire réussir l'action entreprise.

La cinquième qualité est la facilité de communiquer efficacement et la capacité de répondre aux questions. Un certain nombre de chefs politiques ont appris à parler dans le vide pour ne pas se faire prendre au piège. Alors, ils tournent en rond, restent en surface et esquivent les questions tout en évitant d'accumuler les bourdes. Ils vont rarement au fond des choses.

La sixième qualité est d'avoir l'habilité, l'aptitude et le talent de résister à la pression des entrevues avec les médias, de garder son calme et de faire face à la musique. Une musique qui se décline en plusieurs fonctions comprenant l'obligation de fournir une prestation convaincante à l'Assemblée nationale, de maintenir l'unité du caucus et la solidarité ministérielle. Mais également de remplir la fonction de chef du camp du OUI si les circonstances l'exigent en plus de pouvoir survivre aux congrès agités du PQ et au vote de confiance des délégués.

La septième qualité se traduit par le leadership, l'éloquence et le charisme. Des qualités nécessaires pour soulever les passions et susciter l'engagement comme le faisaient René Lévesque et Lucien Bouchard.

La huitième qualité est d'être le rassembleur de la jeunesse et des forces souverainistes tous partis confondus. Une jeunesse ouverte sur le monde et sensible à l'environnement qui n'a pas été très exposée au message souverainiste et qui s'est éloignée du PQ. Trois partis souverainistes incapables de se parler et de s'entendre. Une division qui contribue directement au succès électoral du PLQ et de la CAQ.

Cette énumération non exhaustive des qualités attendues du futur chef du PQ vise essentiellement à permettre aux membres de faire le bon choix. Car, ce sont les sympathisants du PLQ et de la CAQ qui doivent saliver ces jours-ci et espérer que les membres du PQ fassent le mauvais choix. Cela pourrait augurer de jours fastes pour leur formation respective.

Le PQ est à un tournant historique. Et s'il manque le virage, les résultats pour le parti et pour le Québec tout entier ne seront pas très faciles à regarder, pas faciles à supporter. D'ou l'importance d'agir avec beaucoup de circonspection et de faire place à la relève sans attendre un sauveur!

Tout bien considéré, sur la base des qualités attendues d'un chef de parti, le PQ serait bien avisé de faire l'économie d'une nouvelle course et de couronner Alexandre Cloutier. Tout en gardant en mémoire que le duo composé d'Alexandre Cloutier et de Véronique Hivon ferait un tabac. Un duo du tonnerre.

Claude Gélinas

Shawinigan

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