Démission de PKP: chercher le «qui», trouver le «nous»

Le départ de Pierre Karl Péladeau annoncé lundi... (La Presse Canadienne)

Agrandir

Le départ de Pierre Karl Péladeau annoncé lundi a ébranlé l'échiquier politique.

La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Il y a de ces journées qui font et défont l'échiquier politique.

Lundi, avec le départ de Pierre Karl Péladeau de la vie politique, c'était une de ces journées. Comme cinq ans auparavant, le 2 mai 2011, lorsque le Bloc québécois fut frappé de plein fouet par un séisme politique qui le raya de la carte.

Ces deux événements majeurs ont secoué et secouent en ce moment notre paysage politique. Ils ont entraîné et entraîneront une reconfiguration de l'échiquier politique.

En août 2011, en compagnie de combattants de l'indépendance catastrophés de voir notre mouvement connaître la débandade, nous avons fondé le Nouveau Mouvement pour le Québec. Nous voulions alors libérer la parole citoyenne. Nous voulions remettre l'indépendance sur la table, au coeur de l'offre politique québécoise.

Avec une belle équipe, nous avons su bâtir un mouvement qui a fait naître dans notre espace public cette idée de «convergence nationale». Les idées sont comme les clous, dit-on, alors il nous a fallu taper longtemps pour que «ça rentre». Si bien que cette idée fait encore aujourd'hui son chemin.

Pour mettre en place les conditions d'une véritable convergence de toutes nos forces, Pierre Karl Péladeau avait su par exemple faire faire à son parti de nécessaires gestes de main tendue: déclaration sur la fin du monopole indépendantiste, nomination de Véronique Hivon pour piloter un tel chantier, fin du discours sur les «brebis égarées», propositions de modifications à l'article 1 du PQ pour y faire remplacer le limitatif «moment opportun» par la primauté de l'objectif de l'indépendance.

À son retour en politique, Gilles Duceppe affirmait que le mouvement indépendantiste entrait alors dans un «nouveau cycle».

Or, ce cycle peut enfin arriver à ce qui commence maintenant.

Depuis cinq ans, nous ne nous sommes pas donné la chance de véritablement nous reconstruire un projet commun. Nous n'avons pas voulu vraiment faire les efforts nécessaires pour réapprendre à nous faire confiance entre indépendantistes. Le projet commun qui nous fait le plus défaut, c'est d'abord celui du rassemblement de toutes nos forces, de l'ouverture à notre diversité de voix, ce qui est une richesse plutôt qu'une stricte «division du vote».

Ce que Pierre Karl Péladeau avait entamé comme travail avec les OUI-Québec, avec Québec Solidaire et Option nationale, devient pour tous les indépendantistes, quels qu'ils soient, un devoir.

C'est un devoir envers notre nation, envers ceux qui ont lutté pour nous mener jusqu'à aujourd'hui et envers nos enfants qui formeront demain le destin de la nation.

Le temps d'une nation, ce n'est pas seulement le temps des élections. Le destin d'une nation est en péril lorsqu'il se conjugue au destin d'une seule personne. Nous sommes capables de mieux.

Alors que les scribes et les analystes cherchent à l'heure actuelle le «qui» dans le futur leadership de ce parti, nous avons l'impératif devoir de trouver le «nous».

Parce que la convergence et l'indépendance, c'est nous. Nous seuls pouvons la faire. Nous seuls pouvons nous rassembler. Nous seuls pouvons nous faire mutuellement confiance. Nous seuls pouvons devenir un seul peuple fondateur. Voilà le nouveau cycle.

Nous nous étions depuis peu mis sur ces rails. Nous sommes lentement mais sûrement en train d'opérer ce changement.

Bientôt, nous n'aurons plus le choix: nous créerons cette alliance populaire pour l'indépendance dont nous avons tant besoin.

Jocelyn Desjardins

Président fondateur du Nouveau Mouvement pour le Québec

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer