Des mots qui interpellent et qui ébranlent

Frédéric Trudelle... (Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Frédéric Trudelle

Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

En réponse à la lettre de Mme Anne-Sylvie Duquette intitulée «Les assistés sociaux et le Salon de l'emploi», parue le 11 avril dernier.

Malgré que nous soyons d'accord quant au fait que nous devons impérativement faire cesser le cercle vicieux des familles sur l'aide sociale, l'équipe du Centre Roland-Bertrand a été touchée, interpellée voire ébranlée par vos propos tenus au sujet des prestataires de l'aide sociale le 10 avril dernier. Selon nous, l'équation n'est pas aussi simple que vous semblez le croire et elle contient de nombreuses variables.

Chaque jour nous permet de côtoyer de nombreux prestataires de l'aide sociale et croyez-nous, construire un seul modèle, sur les mêmes bases, avec les mêmes outils pour tous, n'assurerait pas une meilleure qualité de vie pour l'ensemble des individus.

Chaque jour nous oeuvrons à accompagner les personnes démunies vers le développement de leur autonomie. Nous travaillons pour eux, avec eux à la hauteur de ce qu'ils sont prêts à déployer. Pour ce faire, nous les invitons à se joindre aux services de Tablée ainsi qu'aux distributions alimentaires où les accueillent quotidiennement des intervenants chevronnés prêts à accompagner et soutenir les utilisateurs. Nous les hébergeons lorsqu'ils sont sans-abri ou en situation de crise. Nous outillons les parents et les enfants afin qu'ils développent les capacités nécessaires à améliorer leur condition.

Par notre service de réinsertion sociale et professionnelle, c'est une trentaine de participants annuellement qui partent à la découverte de leurs forces, de leurs talents. C'est avec eux et pour eux que nous poursuivons cette mission de coeur, car croyez-nous, il nous fera plaisir de fermer les portes lorsque les besoins auront disparu.

Nous tenons à vous rappeler que selon la pyramide de Maslow, il faut d'abord répondre aux besoins de base avant même d'accéder à l'estime de soi et à l'accomplissement de soi. En «quémandant», les organismes qui offrent les services de base souhaitent simplement donner à tous la possibilité de développer le potentiel des gens dans le besoin. Sans réseau social, sans toit sur la tête et le ventre creux, il est difficile d'envisager un retour ou une intégration sur le marché du travail ou aux études.

Il y a une expression populaire qui dit «Quand on veut, on peut». Cette expression, que vous avez utilisée, vous laisse donc croire que les gens qui n'agissent pas sont paresseux ou manquent de conviction. Pourtant, il existe une différence majeure entre le verbe «pouvoir» et «vouloir». Selon le dictionnaire Larousse, pour pouvoir il faut avoir la possibilité, les moyens physiques, matériels, intellectuels et psychologiques de faire quelque chose. Toujours selon le dictionnaire Larousse, vouloir c'est appliquer son énergie à obtenir quelque chose. Ne serait-il pas plus juste d'inverser l'expression et de suggérer que lorsqu'on peut, on veut? Les gens issus de familles qui reçoivent de l'aide sociale ne possèdent pas toujours le pouvoir et l'estime nécessaire à mettre en action leurs rêves.

En conclusion, nous tenons à vous rappeler Mme Duquette, que nous sommes en accord avec vous qu'il faut faire quelque chose pour faire cesser le cercle vicieux des familles sur l'aide sociale et c'est ce que nous faisons quotidiennement en étant à l'écoute des problématiques vécues, en outillant les familles et en les accompagnant vers le déploiement de leur plein potentiel autonome. Sachez que nous serions heureux de vous recevoir et de vous faire visiter nos services afin que vous ayez une meilleure image des prestataires de l'aide sociale. Nous sommes persuadés que cette visite enrichira vos connaissances des défis que vivent les personnes qui fréquentent nos services.

Terminons sur une très juste citation d'Albert Einstein: «Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper dans un arbre, il passera sa vie entière à croire qu'il est stupide.»

Frédéric Trudelle,

au nom de l'équipe du Centre Roland-Bertrand

Shawinigan

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