Pour contrer le décrochage scolaire

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Le Nouvelliste

C'est un truisme de remarquer qu'un bon nombre d'intervenants déplorent, et cela depuis des décennies, la plaie du décrochage dans notre système public et s'insurgent contre le fait que le gouvernement n'investit pas assez pour enrayer ce fléau.

Pourtant le budget annuel de l'éducation est de l'ordre de 17 milliards de dollars, soit près de 23 % du budget total de la province. Et chaque élève coûte en moyenne près de 8000 $ annuellement. Conscient que l'avenir d'un jeune dépend beaucoup des succès de ses premiers pas au primaire et surtout au secondaire, le ministère de l'Éducation s'efforce de pousser le jeune vers la réussite en recrutant des enseignants dûment formés et un nombre, limité hélas, d'orthopédagogues, d'orthophonistes et de psychologues. On ne peut accuser, compte tenu de ses possibilités budgétaires, le ministère de ne pas être concerné par la réussite des jeunes.

Cependant, il faut aussi se rendre compte que certains élèves, malgré leur ardeur au travail et malgré toute l'aide qu'on leur prodigue, sont et restent incapables de suivre les cours. D'après les statistiques, 16 % des élèves au primaire ont des difficultés d'apprentissage ou de comportement et n'ont pas les aptitudes ni l'attitude requises pour aller au secondaire. Pourtant, on accorde la note de passage à la plupart et ils vont grossir la cohorte de ceux qui au secondaire ne pourront réussir leurs études, soit au total près de 27 % qui deviendront des décrocheurs ou ne seront pas diplômés à la fin de leurs études secondaires poursuivies tant bien que mal. Ajoutons qu'il y a près de 25 %, de ceux qui atteindront le cégep, qui ne seront pas eux aussi diplômés. Or, l'absence de diplômes constitue une lacune au regard d'une société de savoir! Combien la société a-t-elle payé pour tenter en vain de récupérer ces jeunes en grande difficulté? Qui plus est, ces décrocheurs coûteront annuellement 1,9 milliard $ en termes de soutien financier (aide sociale) et évidemment en manque de revenus pour l'État. On ne paie pas d'impôt quand on n'a pas de revenu d'emploi!

Il faut prendre le taureau par les cornes et envisager d'autres scénarios. En voici un. Seuls les élèves qui auront réussi, sans manipulations des notes, leur 1er cycle du secondaire, soit les trois premières années, pourront continuer leur secondaire régulier. Pour leur part les recalés (tous auront droit à une reprise, droit renouvelé en cas de maladie, mais une seule fois) iront dans les écoles de métiers. À l'école des métiers, qui n'exclut pas les cours d'appoint et de culture de base, un élève apprendra un métier qui lui offrira une voie d'avenir. Même principe pour ceux qui sont recalés en 4e ou à la fin de leurs études secondaires.

Les élèves qui réussissent avec peine le 2e cycle (4e et 5e secondaire) iront dans des «Instituts de technologie» avancés que sont les cégeps où l'on offre un éventail de techniques variées. Cela va avoir un impact sur la mentalité de nos jeunes et sur leur avenir quant à la nature de l'emploi, puisque la plupart de nos jeunes trouveront là un ultime espoir moins exigeant: durée plus courte de la formation menant à des emplois bien rémunérés. Par ailleurs, les élèves brillants ayant plus d'affinités avec les exigences des longues études deviendront des universitaires très prometteurs capables de faire face à l'avenir du Québec et aux défis de la mondialisation!

En effet, pourquoi s'acharner et dépenser autant d'argent pour obtenir une formation mitigée. Le décrochage scolaire a le plus souvent pour cause que le jeune est mal situé sur le plan académique. On doit les valoriser d'avoir une intelligence technique. Habilité qui leur donnera, en exerçant un métier ou une technique, la possibilité de gagner leur vie honorablement. Ils seront outillés pour aller travailler dans des PME, ou bien ils créeront leurs propres petites entreprises générant ainsi des emplois et des impôts!

À mon avis, on a un choix idéologique à faire. Tout enseignement devrait être sélectif. L'école doit viser l'excellence. Au lieu de vivoter, les élèves incapables de suivre le cursus menant à l'université auraient de quoi organiser leur vie et réussir. Ce sont aussi des mesures qui visent une meilleure adéquation entre la formation et le marché du travail. Des mesures, en somme, qui bouleverseraient les finalités de notre système éducatif et qui auraient des répercussions sur notre économie, voire sur toutes les couches de notre tissu social.

Roger Greiss

secteur Grand-Mère

Shawinigan

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