Le cours d'éthique et culture religieuse doit être revu

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Le Nouvelliste

J'ai écouté monsieur Georges Leroux, interviewé à Ricochet rencontre par Ludvic Moquin-Beaudry le 10 avril 2016, au sujet du cours Éthique et culture religieuse (ECR). Il parle de la finalité envisagée lors de l'élaboration de ce cours. Ce cours visait la «reconnaissance de l'autre».

Une étude approfondie du volet religion du cours ECR permet de conclure que ce n'est pas la reconnaissance de ce qu'est l'autre qui est donnée, c'est la reconnaissance de la religion de l'autre, qui est présentée comme bonne et comme vérité.

Monsieur Leroux parle aussi de la finalité numéro 3: «aligner sur la citoyenneté». Il dit que ce programme ECR est une «éducation à la citoyenneté».

Pourtant, à mon humble avis, bien au contraire, ce cours, dans son volet religion, invite à ne pas s'intégrer à la citoyenneté, car c'est ta religion qui devient ton identité: juif, catholique, musulman, etc.

Le cours ne nous parle pas du pays de l'autre, de ses origines, mais de sa religion!

Les tenants du cours ECR semblent tenir à ce que les gens perpétuent la religion. C'est la véritable finalité du cours: valoriser le fait d'appartenir à une religion et en être fier.

On ne fait aucune références aux historiens anciens ou contemporains, en ce qui concerne les religions. Donc la partie dogmatique et doctrinale est enseignée sans esprit critique ou remises en question.

L'école n'a pas à cautionner, ni à favoriser l'émergence ou le maintien d'une religion ou de religions. Je peux concevoir qu'en toute liberté, cela puisse se faire à la maison ou dans les lieux de culte.

Monsieur Leroux relève la finalité nunéro 2: «le bien commun». Cet enseignement fait plutôt en sorte que le bien commun devient divisé en «chacun sa religion»! Pourtant la laïcité qui n'est pas contre la religion, unit les gens de toutes religions ainsi que les athées.

Bref, selon moi, ne pas enlever le volet religion de ce cours, c'est faire preuve d'une irresponsabilité déplorable et d'un manque de jugement et discernement.

Gardons la partie Éthique mais remplaçons le volet Religion par l'enseignement des valeurs. Apprendre à devenir un bon citoyen; apprendre de par la philosophie enfant et étudiant, expérimentée en France, à penser et à réfléchir sur les actualités.

Je note que M. Leroux parle aussi comme si les enseignants étaient d'accord avec lui. Qui sont ces professeurs qui le soutiennent? J'ai eu personnellement des échos d'enseignants qui ne font pas concert avec ceux de M. Leroux.

Cependant, M. Leroux a versé un peu d'espoir. Il dit lui-même qu'il faut que le cours soit revu parce que ce cours n'est pas parfait. Voilà une raison de plus pour justifier l'abolition du volet religion, plutôt que de soi-disant l'améliorer.

Andréa Richard

Trois-Rivières

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