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Le Nouvelliste

En réponse à lettre ouverte de Mme Anne-Sylvie Duquette aux assistés sociaux de la Mauricie parue le 11 avril dernier.

Vous avez réussi, madame, à énumérer en quelques lignes à peu près tous les préjugés et lieux communs existants sur les prestataires de l'aide sociale. Un tour de force!

Dans une envolée lyrique, nourrie d'un fiel frustré, vous vous employez à pourfendre ceux et celles que vous qualifiez de fraudeurs et de paresseux. Tous. Vous coiffez le tout d'une semonce vertueuse sur les bienfaits de l'entraide. Ah bon?

En fait, ce que vous réussissez à démontrer - à votre insu, j'en ai peur - est tout le fardeau lourd et inerte auquel doivent faire face les plus démunis d'entre nous pour pouvoir s'en sortir.

La force de votre équation réside d'ailleurs dans son caractère naïf, abrupt et sans appel; les prestataires du «BS», pour employer votre raccourci, ont fait le choix de ne pas travailler.

Qui plus est, ils se font un devoir de reléguer à la génération qui les suit cette apathie quasi héréditaire. Mais encore?

Pour remédier à ce que la sociologue que vous êtes qualifie de complaisance, vous suggérez le bénévolat obligatoire. On ne l'a jamais entendue celle-là!

Mettons d'abord les choses au clair. Je travaille. J'ai toujours travaillé. Je ne me reconnais cependant pas dans votre: «nous, les contribuables».

Je paie pourtant des impôts. Même trop, à mon goût. Je refuse cependant la société égoïste, dépourvue de filet social, que vous verbalisez dans votre cauchemar néolibéral, éveillé, mais engourdi.

Le filet social que le Québec a travaillé à bâtir au cours des 50 dernières années assure un tant soit peu de dignité à notre société plurielle. Il demeure cependant un cercle vicieux où les démunis, que vous condamnez avec l'autorité du juste, ne trouvent matière qu'à survie.

Pour l'espoir, on repassera... Vos visions, encarcanées dans les oeillères de l'individualisme, trouvent en effet malheureusement écho aux oreilles de nos élus. Vous y verrez une mince consolation. Et le filet s'étiole.

Pendant ce temps, le ciel est radieux sous les paradis fiscaux. Que le quart de notre PIB soit à l'abri du bien commun ne résonne aucunement dans vos propos. Aucun grand cri...

Les voleurs sont ici; ils se terrent dans leurs taudis et bouffent de la conserve. Ils se reproduisent impunément, et magouillent pour nous soutirer notre petit pain, si honnêtement gagné. Au secours.

Sébastien Houle

Saint-Élie-de-Caxton

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