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Le système de santé publique tarde à offrir... (Archives, Le Nouvelliste)

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Le système de santé publique tarde à offrir une accessibilité adéquate à la médecine de première ligne.

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Le Nouvelliste

Dans son analyse publiée dans le carrefour du lecteur du Nouvelliste du vendredi 8 avril, un résident de Bécancour interpelait le corps médical l'accusant d'être seul responsable de la situation vécue par les patients qui consultent à l'urgence.

Il interpelait aussi le directeur des services professionnels, limitant ainsi son analyse à la simple réalité de l'établissement qui abrite la salle d'urgence où la mère du petit Jacob avait choisi de consulter.

Depuis 2007, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec claironne sur toutes les tribunes possibles que l'accessibilité à la médecine de première ligne doit être améliorée.

Toutes les formations politiques ont été interpelées pour faire de l'accessibilité aux médecins de famille une priorité et, fort de l'appui de la population à la suite de l'excellente campagne médiatique de 2008, l'accessibilité aux médecins de famille est devenue un enjeu incontournable pour tous les politiciens du Québec qui demeurent les véritables gestionnaires et maitres d'oeuvre du réseau public de santé.

À la suite de ce consensus présent dans la population, la FMOQ n'est pas demeurée inactive, mais a plutôt proposé un plan cohérent pour améliorer l'accessibilité aux médecins de famille et à la médecine de première ligne.

Dans ce plan, l'accessibilité a été définie sur trois aspects distincts soit: avoir un médecin de famille (inscription), être capable de voir son médecin de famille ou de voir un membre de son équipe dans un délai raisonnable pour une consultation en urgence mineure et pouvoir compter sur un réseau d'accessibilité en courts délais pour toutes situations où le médecin de famille ou son équipe ne sont pas disponibles.

Il s'est écoulé près de 10 ans depuis que la FMOQ a entrepris ses efforts pour améliorer l'accès à la médecine de première ligne.

Plusieurs étapes ont été franchies dont l'obtention du support nécessaire pour permettre la création de près de 250 GMF (groupe de médecine familiale) dont la couverture de service uniformisée à 68 heures par semaine a grandement amélioré le sort de ceux et celles qui ont le bonheur d'y avoir accès.

Au cours des prochaines années, ce sont 250 médecins de famille de plus chaque année qui viendront augmenter la main-d'oeuvre médicale disponible en première ligne au Québec.

Avec la diminution des besoins en effectifs médicaux des établissements annoncée par l'actuel ministre de la Santé, nous pouvons certainement espérer une concentration sans précédent de ces nouveaux médecins de famille en première ligne pour supporter les efforts déployés pour améliorer l'accessibilité à ce vaste réseau de cliniques médicales et faire ainsi contrepoids à la fermeture de plus de 10 % des cliniques médicales au Québec qui eut lieu au cours de la décennie ayant précédé le coup de semonce donné par la FMOQ en 2007.

Toutefois, il manque encore une pièce importante au plan d'accessibilité proposé par la FMOQ pour venir compléter le réseau d'accessibilité qui devra faire la différence et réduire significativement les temps d'attente dans les salles d'urgence des établissements.

Certains les ont appelés SUPERCLINIQUE, d'autres préféraient les appeler unités d'accès populationnel, mais il semble qu'on les appellera GMF-réseau ces cliniques médicales communautaires qui devront donner accès aux cas d'urgences mineures et assurer les soins de tous ces patients qui, présentement, n'ont d'autre choix que de venir surpeupler les salles d'attente des salles d'urgence des établissements.

Depuis trop longtemps, les salles d'urgence des établissements de santé sont devenues l'unique porte d'entrée du système publique pour les consultations médicales en courts délais et, force est donnée d'admettre que l'ajout de médecins ou d'infirmières ne permettra pas de voir plus de patients dans les infrastructures actuelles.

Les médecins et les gestionnaires du réseau local de service de Trois-Rivières (RLS) ont depuis plus de quatre ans fait l'analyse de cette situation et attendent avec tout autant d'impatience que la population elle-même, que se mettent en place les conditions nécessaires au déploiement des GMF-réseau.

À terme, ce sont près de 45 000 visites de consultations en urgence mineure qui pourront être dorénavant orientées vers ces nouvelles cliniques pour le RLS de Trois-Rivières.

De quoi alléger enfin la tâche de la salle d'urgence du CHRTR qui pourra se concentrer sur ce qu'elle fait de mieux et de façon remarquable: le soin des urgences médicales majeures et des patients polytraumatisés.

Pour améliorer la performance du système de santé, mais aussi pour en assurer la pérennité, il est impératif de promouvoir des solutions qui permettront de soigner le bon patient au bon endroit, de bien orienter la population dans chacun des points de service qui constitueront le réseau d'accessibilité à la médecine de première ligne et d'assurer un arrimage efficient entre ce réseau d'accès et les établissements de santé responsables des soins de deuxième ligne et des soins tertiaires.

Dr Pierre Martin

Président de l'Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie

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