Le rôle de l'hydrogène dans la Politique énergétique

Richard Chahine, directeur de l'IRH.... (François Gervais)

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Richard Chahine, directeur de l'IRH.

François Gervais

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Le Nouvelliste

Dans sa politique énergétique dévoilée le jeudi 7 avril, le gouvernement du Québec se donne des cibles ambitieuses et exigeantes, notamment quant à l'efficacité énergétique et la réduction de notre dépendance aux hydrocarbures, en s'appuyant sur des technologies novatrices et en déployant des sources d'énergie plus propres. Le gouvernement reconnaît qu'il n'y a pas une solution unique, mais un bouquet de solutions qui, coordonnées ensemble, permettront d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixés. Ce faisant, il démontre sa volonté ferme de mettre le consommateur au coeur de ses actions. Dans cette optique, l'hydrogène produit à partir de sources d'énergie renouvelables est appelé à jouer un rôle important dans le marché québécois, comme en témoigne la tendance mondiale dans le déploiement de ce vecteur énergétique.

À l'échelle mondiale, et notamment en Asie, en Europe et dans le Nord-Ouest et le Nord-Est des États-Unis, les cinq prochaines années verront des efforts concertés afin de construire des centaines de stations de remplissage à l'hydrogène, qui viendront appuyer l'introduction de véhicules entièrement électriques utilisant les piles à combustible fonctionnant à l'hydrogène (VÉPAC). La principale raison pour ce regain d'intérêt est l'engagement continu de plusieurs fabricants automobiles importants, dont Toyota, Honda et Hyundai, pour ces véhicules. Ces fabricants y voient le complément nécessaire au véhicule électrique à batterie et une composante essentielle dans leur stratégie visant à proposer des véhicules capables de respecter les normes établies de consommation d'énergie et de limitation d'émission, et ce, tout en offrant des modèles sans compromis ayant des caractéristiques semblables aux véhicules actuels. Ces fabricants proposent aujourd'hui des véhicules à zéro émission avec une autonomie de plus de 500 km et un temps de remplissage variant entre 2 et 3 minutes.

Le Québec a longtemps été un chef de file mondial dans le développement des technologies de l'hydrogène. Depuis, plusieurs sociétés se sont inspirées de son savoir-faire afin d'implanter ces technologies. Le Japon, à titre d'exemple, a adopté la vision d'une société non carbonée à l'horizon 2040, en s'appuyant sur le vecteur énergétique de l'hydrogène. Tokyo carburera à l'hydrogène lors des Jeux olympiques d'été de 2020, le Japon s'étant également fixé comme objectif d'avoir 40 000 véhicules à hydrogène en circulation d'ici 2020. Les orientations contenues dans la Politique énergétique du Québec 2030, jumelées à notre richesse en énergie renouvelable et à l'expertise québécoise, nous permettront de reprendre ce leadership mondial que nous avions incontestablement exercé dans le passé.

En se donnant les moyens de ses ambitions, le gouvernement pourra aller loin dans la réalisation de ses objectifs.

Richard Chahine

Directeur, Institut de recherche sur l'hydrogène, professeur, Département de génie électrique et génie informatique, UQTR

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