Une bombe!

Le Complexe sportif Alphonse-Desjardins.... (Archives Le Nouvelliste)

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Le Complexe sportif Alphonse-Desjardins.

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est presque trop gros pour être vrai! La poursuite de 5,6 millions $ déposée lundi par la Commission scolaire du Chemin-du-Roy contre d'anciens dirigeants du Complexe sportif Alphonse-Desjardins et une firme de vérificateurs est une véritable bombe.

Dépassements de coûts camouflés, rapports financiers traficotés, primes salariales illégales, malversations, etc. Si ce qu'on retrouve dans le document de 77 pages déposé en cour est vrai, il ne serait pas surprenant que les policiers soient tentés de venir y jeter un coup d'oeil pour vérifier s'il y a matière à déclencher une enquête criminelle.

L'essentiel de la poursuite repose sur le principe que les deux instigateurs du développement sportif aux Estacades (Michel Morin et Jean-François Picard) auraient toujours indiqué que les différentes phases du projet allaient être réalisées et exploitées à coût nul. Or, juste avant d'aller de l'avant avec la phase 5 (nouveau colisée de 5000 places), des vérifications ont permis de constater que les trois premières phases auraient coûté 10,4 millions $ de plus que les 24,9 millions $ initialement prévus. Pire, les dirigeants aux commandes du projet et une firme de vérificateurs auraient multiplié les fausses déclarations pour cacher ces dépassements. Presque incroyable!

La Commission scolaire jure qu'elle n'a jamais eu accès à l'information qui lui aurait permis de se douter de ce qui se passait dans les bureaux des Estacades. Une thèse qui se tient quand on sait que, jusqu'en 2011, Michel Morin avait les pleins pouvoirs puisqu'il était directeur général de la Commission scolaire. Cette position, toujours selon les accusations avancées, aurait même permis à M. Morin et ses proches partenaires dans le projet (Picard, le directeur-adjoint Michel Montambeault et le comptable Steven Bélanger) de refiler à la Commission scolaire des dépenses opérationnelles. Avec comme résultats, quand on met de l'ordre dans tous les chiffres, que des déficits, variant entre 700 000 $ et 1,2 million $, se sont accumulés de 2008 à 2013. Encore là, la Commission scolaire plaide l'ignorance. Pourtant, même après l'arrivée d'Hélène Corneau à la direction générale en 2011, les déficits se sont poursuivis. Au moins, dans le rapport du vérificateur général, il est conseillé de mettre en place de meilleures méthodes de surveillance. On peut imaginer que c'est déjà fait.

Heureusement que ces anomalies ont été décelées avant de mettre en marche la fameuse phase 5 qui était évaluée à plus de 50 millions $. Le CSAD, qui aura fort à faire pour se relever financièrement de toute cette saga, serait littéralement disparu du décor si un nouveau colisée avait été construit dans le contexte décrit par les présentes accusations. Chose certaine, les atrocités administratives rapportées, si elles sont confirmées, exigeront une révision en profondeur de la mission du CSAD et des implications de tous les partenaires.

Et les accusations avancées par la Commission scolaire ne s'arrêtent pas à des manoeuvres administratives répréhensibles. Encore pire, et c'est là que la police pourrait trouver ça intéressant, les rapports de vérification parlent également de malversations, de comptes de dépenses injustifiés, d'un mystérieux retrait de 10 000 $, de factures soumises pour travaux faits aux domiciles de certains dirigeants, de la terrasse du stade des Aigles qui aurait été construite par les employés des Estacades sans facturation, de bonifications octroyées à l'encontre des lois... Ouf! Quand on vous disait que c'était gros!

Pour l'instant, faut-il le préciser, personne n'est reconnu coupable de quoi que ce soit. Devant l'ampleur des accusations, il faut même s'attendre à ce que les gens ciblés par cette poursuite se défendent. Pourraient-ils poursuivre à leur tour la Commission scolaire? Chose certaine, ce processus risque de coûter une petite fortune à la Commission scolaire et, en bout de ligne, aux contribuables. Or, même si les commissaires ne devaient récupérer qu'une petite partie de ce qu'ils prétendent s'être fait voler, cette poursuite est pertinente. Pour connaître la vérité, pour redonner confiance au public et, bien sûr, pour punir les fautifs s'ils ont vraiment fait tout ça.

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