École Sainte-Marie: des coûts énormes aux parents

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L'école Sainte-Marie de Saint-Boniface

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Si aucune décision favorable n'est prise rapidement pour l'agrandissement de l'école Sainte-Marie de Saint-Boniface, des dizaines d'enfants seront vraisemblablement transférés vers une école de Shawinigan dès la rentrée 2017.

La règle de 20 kilomètres qui oblige une commission scolaire à déraciner des enfants de leur milieu de vie est avant tout une mesure d'économie à court terme pour l'État, sans considération pour les frais supplémentaires engendrés par cette mesure pour les parents, pour la communauté, pour la commission scolaire et pour le ministère.

Faisons donc un petit exercice comptable des coûts supplémentaires engendrés par la mise en application aveugle de cette règle, telle qu'elle est envisagée actuellement pour la prolifique communauté de Saint-Boniface.

L'enfant déporté à Shawinigan devrait immanquablement aller au service de garde sur l'heure du dîner. Au coût journalier de 4,60 $ et avec 180 jours d'école, cela représente une dépense annuelle supplémentaire de 828 $. On double le montant pour un deuxième enfant.

Dans le cas où l'enfant devrait utiliser le service à temps plein, le montant annuel grimpe à 1458 $ par enfant. Et le ministère doit alors payer une subvention annuelle au service de garde allant de 397 $ à 737 $. Multipliez par 100 enfants et le coût devient astronomique.

L'enfant au service de garde devrait obligatoirement apporter un repas. Cela entraîne accessoirement un coût additionnel pour des aliments préemballés dans des mini-formats jetables. Disons 1 dollar par jour, donc 180 $ sur un an.

La majorité des parents devrait fort probablement faire au moins un aller-retour quotidien moyen de 26 kilomètres supplémentaires par la dangereuse route 153, soit la distance approximative entre l'école Sainte-Marie et celles de Shawinigan-Sud.

À 15 cents du kilomètre pour faire rouler une petite voiture selon le CAA, ces 180 déplacements supplémentaires engendrent une dépense supplémentaire annuelle nette de 702 $, non remboursable et non déductible d'impôt. Cette situation pourrait même obliger des familles à se doter d'un deuxième véhicule.

On parle donc d'une dépense annuelle supplémentaire d'au minimum 1500 $ pour une large proportion des familles ayant un enfant déporté, avant même de penser au stress généré par ce nouveau fardeau financier, au temps précieux perdu dans les transports, à la séparation possible de la fratrie, à la gestion des journées pédagogiques, aux rencontres avec les enseignants, aux règles de fonctionnement différentes d'une école à l'autre.

Il est aussi logique de penser qu'une bonne partie de cette nouvelle activité économique de transport motorisé d'enfants serait détournée à Shawinigan au détriment des commerces de Saint-Boniface.

Pour une estimation des frais de transport scolaire supplémentaires à absorber, les élèves de Saint-Boniface du secondaire qui fréquentent le Séminaire Sainte-Marie à Shawinigan doivent payer une somme annuelle de 550 $. Additionnons ce montant à la facture. Cette prime serait assumée par la commission scolaire, au bénéfice des pétrolières.

Dans certains cas, un surcoût de transport de 110 $ serait ajouté pour les enfants en garde partagée qui ont deux adresses et qui marchent normalement pour aller à l'école. Ce coût serait assumé par les parents.

Il y a également des coûts indirects reliés à l'augmentation des GES, à la perte d'efficacité, aux risques d'accident. D'ailleurs, qu'arriverait-il si un accident impliquant nos enfants devrait se produire sur cette route étroite et hasardeuse, qualifiée comme dangereuse par les services d'urgence?

Additionnez tous ces chiffres et vous constaterez que l'agrandissement de notre école n'est pas un luxe, mais une nécessité de premier ordre pour notre communauté et une économie à long terme pour la collectivité.

Ces coûts annuels récurrents représentent assurément une somme supérieure au coût d'amortissement des immobilisations nécessaires pour construire un agrandissement de l'école et un nouveau gymnase.

Au-delà des chiffres, ce qui compte le plus, c'est de garder nos enfants dans notre école, dans notre milieu de vie.

Luc Arseneault

Saint-Boniface

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