J'aurais aimé être partie prenante des réjouissances

Robert Aubin... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Robert Aubin

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Je lutte depuis bientôt cinq ans aux côtés des victimes et des représentants de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP) dans le but d'amener le gouvernement fédéral à reconnaître sa part de responsabilité dans le drame afin qu'il participe pleinement aux mesures d'indemnisation.

Dès l'arrivée de monsieur François-Philippe Champagne (député libéral de St-Maurice-Champlain), j'ai salué la participation d'un représentant du gouvernement au dossier. Lors de la réunion des élus, qu'avait organisée la CAVP, j'ai échangé avec lui dans un esprit d'ouverture espérant que nous aurions une vision commune du problème et qu'une solution globale serait envisagée.

À la suite du dépôt du budget, j'ai mentionné, dans chacune de mes entrevues, ma satisfaction de voir le gouvernement fédéral s'impliquer financièrement dans le dossier, mais, parce qu'il y a un mais, mes réserves face au concert d'éloges étaient évidentes et fondées sur plusieurs éléments.

En regard de l'ampleur du problème reconnu par le premier ministre au moment de faire campagne à Trois-Rivières, 30 millions $ sur trois ans, c'est trop peu. Avec un budget déficitaire de près de 30 milliards $, on pouvait certainement faire mieux. J'aurais aimé joindre ma voix à ceux qui disent que c'est un pas dans la bonne direction, mais lorsqu'on met sur la table une proposition sur trois ans, où est l'espace pour faire un pas de plus? On est en train de nous dire: le dossier est réglé en ce qui nous concerne au fédéral ou on s'en reparlera à la prochaine élection!

Loin de moi l'idée de vouloir alourdir la machine administrative en multipliant les programmes d'aide. Cependant, lorsque j'entends monsieur Champagne affirmer que «30 millions $ du fédéral dans un dossier qui est de compétence provinciale, pour moi c'est un geste important», je comprends également que le fédéral ne reconnaît toujours pas sa responsabilité dans la catastrophe et que nos luttes pour obtenir davantage devront être titanesques.

Lorsque les sommes seront insuffisantes pour combler les besoins, ce qui ne saurait tarder, va-t-on nous replonger dans une chicane fédérale-provinciale qui ne servira personne? Vous trouverez toujours chez moi un ardent défenseur de la cause, mais permettez, aujourd'hui, que ma réjouissance soit partielle et que ma voix ne rejoigne pas le concert d'éloges parce que trop reste à faire.

Ce que nous détestions du discours conservateur est totalement repris par les libéraux, mais caché derrière un don de «charité» de 30 millions $ qui a davantage l'air d'une porte de sortie que d'une porte d'entrée. J'aurais aimé que ma voix ne soit pas celle d'un indigné et je comprends la position inconfortable des intervenants au dossier qui doivent accueillir cette mesure comme une lueur d'espoir, mais je crois sincèrement que les circonstances démontrent la pertinence d'une voix d'opposition dans notre système démocratique. Il doit aussi y avoir une voix pour les oubliés et une voix qui permet de reprendre le combat.

Robert Aubin

Député fédéral de Trois-Rivières

Président du caucus québécois du NPD

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