Le Commissaire à la santé et au bien-être: une présence essentielle

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Le Nouvelliste

Les auteurs, Norbert Rodrigue, Pierre Laurence et Michel Morel, ont respectivement été président et collaborateurs du Conseil de la santé et du bien-être, organisme qui a été remplacé en 2007 par le Commissaire à la santé et au bien-être. Ce poste a été aboli dans le cadre du récent budget du gouvernement Couillard.

On apprenait lors du dépôt du budget du gouvernement du Québec l'abolition du poste de Commissaire à la santé et au bien-être. La raison invoquée par le ministre de la Santé et des Services sociaux: une décision «purement économique». Notre compréhension est cependant toute autre.

Le Commissaire à la santé et au bien-être, c'est Philippe Couillard, alors ministre de la santé et des services sociaux, qui avait créé ce poste en 2006. Il invoquait alors l'importance de l'imputabilité du réseau de la santé, l'importance de disposer annuellement d'un rapport sur l'état du réseau en insistant sur l'accessibilité et la qualité des services. Ce qui était «fondamental» et un «gage d'imputabilité et de transparence quant aux résultats» en 2006, selon ses propres mots, est-il devenu à ce point dérangeant qu'il faille le museler, voire l'éliminer? Pourtant, les travaux menés par le Commissaire à la santé et au bien-être ont été salués comme des apports précieux pour éclairer les débats concernant les enjeux relatifs au réseau de la santé et des services sociaux. Comme l'ont aussi été les travaux menés par son ancêtre, le Conseil de la santé et du bien-être, notamment sur les inégalités socioéconomiques et la santé, sur l'évolution des rapports public-privé dans les services sociaux, sur l'harmonisation des politiques de lutte contre l'exclusion, sur le dossier Vieillir dans la dignité, etc.

Qu'arrivera-t-il des travaux que préparait le Commissaire, des dossiers aussi importants que la performance comparée des urgences d'hôpitaux, le régime des plaintes, la qualité de l'hébergement des personnes âgées, le panier de services et le mode de rémunération des médecins?

J'interviens ici à titre d'ancien président du Conseil de la santé et du bien-être, en collaboration avec mes collègues. Il nous apparaît essentiel et urgent que soit reconsidérée cette décision d'abolir le poste de commissaire à la santé et au bien-être. Le maintien du poste de commissaire à la santé et au bien-être indépendant du gouvernement est essentiel à la vitalité de notre réseau de la santé car ses travaux permettent une lecture éclairée des enjeux majeurs en matière de santé, une lecture qui permet ensuite la prise de décisions judicieuses.

Nous rejoignons entièrement les propos de l'Association médicale du Québec: «Notre système de santé est en profonde mutation depuis l'entrée en vigueur des lois 10 et 20. Et le ministre de la santé continue de chambarder les institutions et les façons de faire, a déclaré Dre Yun Jen, présidente de l'Association médicale du Québec. Dans ce contexte de mouvance extrême, il est primordial de non seulement maintenir le mandat du Commissaire à la santé, mais de le renforcer. Le fait de transférer ces pouvoirs au ministre lui-même élimine toute neutralité. Comment pourra-t-il critiquer ses propres décisions?»

Nous sommes très inquiets de la centralisation des pouvoirs entre les mains d'un seul homme, de même que de la perte inestimable de la contribution démocratique des communautés locales dans le développement de leurs territoires en matière de santé. Cet état de situation va à l'encontre de la tradition démocratique du Québec de discuter et de débattre nos orientations du vivre ensemble.

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