Une attitude complaisante, source de méfiance

La première phase de consultation du Bureau d'audiences publiques sur... (Archives, Associated Press)

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Le Nouvelliste

La première phase de consultation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le projet d'oléoduc Énergie Est est maintenant terminée. Au lendemain de la séance inaugurale, perturbée par une action d'éclat de personnes opposées au projet, le premier ministre Couillard, appelant à un débat rationnel et respectueux, disait ne pas croire que «ça aide d'avoir des manifestations qui bloquent le droit de parole des gens, qui sont agressives, d'un côté ou de l'autre».

Il est vrai qu'un climat de confrontation est habituellement contreproductif. Mais M. Couillard ne serait-il pas, en grande partie, responsable du climat tendu entourant le débat au sujet d'Énergie Est? En raison, notamment, d'une série d'évènements et de situations qui laissent croire que les décisions du gouvernement libéral sont dictées par une entreprise qui, non seulement refuse de se conformer à la législation québécoise mais va même jusqu'à l'enfreindre de façon éhontée.

Comme ces levés sismiques réalisés par TransCanada à Cacouna, en plein coeur de la pouponnière des bélugas du Saint-Laurent, sans autorisation préalable du gouvernement du Québec. Il a fallu attendre le dépôt d'une plainte d'une organisation de la société civile, le Centre québécois du droit de l'environnement (CQDE), pour qu'un avis de non-conformité soit émis et que soit imposée à l'entreprise fautive «une sanction pécuniaire» de 5000 $, soit l'amende minimale prévue par la loi. Un excellent règlement pour TransCanada, puisque l'amende maximale pour ce genre de délit varie d'un demi à trois millions de dollars.

Comme ce refus de TransCanada, en dépit de demandes répétées du ministre québécois de l'Environnement, de soumettre son projet de pipeline à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement, tel que le prévoit la Loi sur la qualité de l'environnement, pour l'obtention d'un certificat d'autorisation. Et cette complaisance suspecte dont a fait preuve le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques (MDDELCC) en autorisant TransCanada, la veille du dépôt d'une demande d'injonction, à effectuer dans le fleuve Saint-Laurent, aux limites d'une réserve naturelle, des «travaux préliminaires» en prévision de la construction de son pipeline Énergie Est, et ce, avant que ne soit terminée l'évaluation environnementale du projet.

Comme également cette autre autorisation accordée à TransCanada pour réaliser des relevés sismiques dans la rivière Batiscan, et ce, afin d'«acquérir davantage de données techniques pour la conception de la méthode de traversée de l'oléoduc dans la rivière». Rassurant, quand on sait que la commission d'enquête du BAPE aurait besoin de ces données pour mener son évaluation du projet.

Comment peut-on souhaiter un débat serein entre partisans et opposants de ce projet aux enjeux si importants lorsque tous les gestes que pose le gouvernement semble soutenir le promoteur? Et ce n'est pas ce qu'on a entendu lors des audiences du BAPE qui va rassurer les Québécois. D'autant plus que celles-ci n'auront en rien dissipé cette désagréable impression que les intérêts de la population québécoise et la protection de son territoire «passent après» les intérêts des actionnaires de TransCanada.

Denis Hébert

Jean-Claude Landry

membres de Québec solidaire

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