Lac-à-la-Tortue: Shawinigan doit faire plus

Le secteur Lac-à-la-Tortue n'a reçu ni l'attention ni... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le secteur Lac-à-la-Tortue n'a reçu ni l'attention ni le traitement que les riverains et les citoyens de ce secteur auraient mérités.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

On peut se demander pourquoi un nombre aussi élevé de citoyens demandent la séparation du secteur Lac-à-la-Tortue de la Ville de Shawinigan.

Pour comprendre cette rébellion des citoyens désenchantés de la fusion, il ne faudrait pas se limiter à l'expliquer à travers le seul prisme de l'augmentation du compte de taxes mais également par le manque d'équité entre les secteurs de la Ville.

Durant ces quinze années, sans jamais rien dire, les contribuables de Lac-à-la-Tortue ont participé financièrement à l'amélioration des infrastructures de la rue principale et du boulevard des Hêtres ainsi qu'à la construction de l'Amphithéâtre, du curling ou du garage municipal de Shawinigan. Et cela est tout à fait normal!

Ce qui l'est moins, c'est le manque d'équité entre le secteur Lac-à-la-Tortue et les autres secteurs de la Ville sans oublier le bilan peu reluisant des interventions de Shawinigan au Lac-à-la-Tortue.

Pourtant, déjà en 2001, dans le rapport portant sur la Réorganisation municipale au Centre-de-la-Mauricie, le mandataire du gouvernement s'exprimait en ces termes: «À l'instar des autres parties de la nouvelle ville qui ont des problématiques plus délicates, le secteur Lac-à-la-Tortue devrait être l'objet d'une attention spéciale». (p. 38)

Laissons parler les faits: infrastructures négligés, protection insuffisante du lac, tributaires (sources de phosphore) rarement nettoyés, vérification inexistante de la qualité de l'eau potable des nappes souterraines, gestion déficiente du barrage de la Petite-Tortue, multiplication des études tablettées, détérioration des relations entre la Ville, sa voisine Hérouxville et le MEQDD.

Sans oublier la pollution sonore des hydravions touristiques qui depuis 31 ans constitue une nuisance à la qualité de vie. Les nuisances sonores ont rapidement été éradiquées de la rivière Saint-Maurice, secteur le plus riche de la ville.

Tous ces exemples démontrent à l'évidence que le secteur Lac-à-la-Tortue n'a reçu ni l'attention ni le traitement que les riverains et les citoyens de ce secteur auraient mérités.

Pourtant, n'est-ce pas le rôle du gouvernement municipal de favoriser l'équité entre les secteurs? Que la grande ville démontre davantage de solidarité envers son secteur le moins favorisé, n'était-ce pas là un des objectifs poursuivis par le regroupement municipal?

S'ajoute à ce malaise l'absence de vision des décideurs politiques passés alors que le réseau d'aqueduc et d'égouts mais également la réfection de l'avenue Tour-du-Lac auraient pu être subventionnés en totalité par les trois niveaux de gouvernement. Des occasions manquées!

Se pourrait-il que l'annonce dans le budget fédéral d'un programme de 2 milliards $ sur quatre ans visant à subventionner à 50 % les réseaux d'aqueduc et d'égouts contribuent à la réduction de la part dévolue aux citoyens de Lac-à-la-Tortue?

C'est dans ce contexte que l'APL demande à la Ville de contribuer davantage à la réfection de l'artère principale du Lac-à-la-Tortue: 1,1 million de dollars représentant un montant de 21,91 $ par citoyen.

Les décideurs municipaux ont là une occasion exceptionnelle de recourir à la méthode de la «porte ouverte» en se montrant plus accueillant et généreux.

Car pour développer le sentiment de fierté et d'appartenance à Shawinigan et dissiper les ombres qui planent sur l'acceptation du projet du réseau d'égouts et d'aqueduc, un claquement de doigts ne suffira pas. Il faudra plus que des déclarations d'intentions mais des investissements pour réduire les disparités du secteur Lac-à-la-Tortue avec les autres secteurs de la Ville. Une mise à niveau!

Comme acteur prépondérant, la grande ville se doit de relever ce défi et de bouger avant la date de l'ouverture du registre. Il va falloir concrétiser. La vérité, elle est là!

Mais, surtout, par sa décision, la Ville contribuera à favoriser l'acceptation enthousiaste d'un projet qui améliorera de façon significative la qualité de vie des citoyens.

Et tant qu'à y être, pourquoi ne pas profiter du nouveau pavé sur le pourtour du lac pour interdire la circulation des autobus et donner accès à une piste cyclable sécuritaire.

Oui, cet effort financier additionnel de la Ville en vaut la peine. Le vent tourne! Un vent nouveau souffle, l'espoir renaît.

Il faut vite retomber sur nos pattes, battre des mains et scander: «Tous ensemble vers la renaissance du Lac, partie intégrante de la grande ville».

Claude Gélinas

Shawinigan

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