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L'idée de mort et de résurrection est partout... (Le Soleil)

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L'idée de mort et de résurrection est partout présente dans la nature: le grain qui meurt pour germer, le long sommeil de l'hiver que suit le renouveau printanier.

Le Soleil

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Le Nouvelliste

Pâques, une victoire pour qui?

Pour plusieurs, ces chants de triomphe et de joie qui montent des églises chrétiennes ont quelque chose de choquant. Est-il possible, en ces temps tragiques, de crier sa joie et d'afficher des airs de triomphateur? Qu'éclate la joie, nous dit la liturgie, car le Christ a vaincu la mort et les forces du mal. Où est donc cette fameuse victoire?

Il faut, dira-t-on, une bonne dose d'inconscience et une grande capacité d'illusion pour entonner l'hymne de la victoire, quand la mort et le mal sont partout présents. Qui oserait chanter un alléluia au pied du lit d'un cancéreux en phase terminale? Allez répandre votre joie pascale autour d'une table où les débris d'une famille éclatée mangent en silence! Communiquez votre enthousiasme à cette personne âgée qui, à sa fenêtre, regarde passer les autos et les heures! Parlez du salut, enfin réalisé, à ce chômeur qui n'attend et n'espère qu'un emploi! Parlez d'une Terre Promise à ces immigrants qui piétinent dans la boue des camps improvisés!

Ainsi nous, nous n'avons pas fini de souffrir. Le mal physique et moral exerce son emprise. La mort continue sa besogne. Comprenons-le bien, la grâce de Pâques n'est pas de nous mettre à l'abri de ces réalités inévitables. Il faut qu'on y passe. Si le chrétien, malgré tout, ne panique ni ne désespère, c'est qu'il est sûr que la victoire du Christ annonce sa victoire. Aussi, dans la lumière de Pâques, la maladie et les autres épreuves, sans rien perdre de leur aspect pénible, apparaissent comme des passages, parfois très difficiles, vers tout autre chose que le néant. L'histoire de Jésus est là pour nous le rappeler; l'ombre de la croix a toujours précédé la lumière de la Résurrection. D'ailleurs, l'idée de mort et de résurrection est partout présente dans la nature: le grain qui meurt pour germer, le long sommeil de l'hiver que suit le renouveau printanier.

Quant à chacun, n'anticipons pas trop. Si la lumière de Pâques nous inonde parfois, il n'en reste pas moins que nous marchons dans la grisaille du Vendredi saint. Il ne faut pas sauter d'étape. N'écoutons pas trop ces marchands de bonheur qui voudraient nous conduire directement du Jeudi saint au matin de Pâques, en escamotant la croix. Ils feront naître en nous une grande illusion qui, bientôt crevée par la vie quotidienne, nous laissera un goût amer. Grâce à Pâques, le chrétien, tout en acceptant la réalité rugueuse, éprouve une joie et une paix profondes. Sans illusion, il peut chanter alléluia avec conviction. Malgré tout, il espère que le Printemps viendra!

Jean Panneton, prêtre

Trois-Rivières

Les limites du savoir

Au vingtième siècle, l'homme recréa les cieux et la terre. La terre étant surpeuplée, les trois quarts de la population souffraient de la faim. Le mazout flottait sur les eaux et l'atmosphère empestait l'oxyde de carbone. Les déchets radioactifs irradiaient tout ce qui vit. Les savants dirent: «Que la lumière soit», et soudain une énorme lueur apparut au-dessus d'Hiroshima et l'on dit que la lumière était bonne. Puis ils firent une distinction entre les races. Ils dirent: «Le blanc: c'est bon, le noir: c'est mauvais.»

Puis les hommes dirent: «Rendons la lune habitable». Alors ils investirent des milliards dans ce projet, pendant que des millions d'êtres humains mouraient de faim. Ils résolurent alors de faire fructifier la terre encore plus et de combattre la faim. On produisit davantage en développant les techniques agraires (génétique et pesticides) et les savants constatèrent qu'on produisait trop. Ils se consultèrent à nouveau et d'un élan de générosité, ils décidèrent d'envoyer les surplus aux plus démunis. Mais ils n'ont malheureusement jamais réussi à inventer une méthode de distribution efficace. Les trois quarts de la population restèrent affamés.

Après cela, les hommes dirent: «Que la mer se peuple de poissons et que les oiseaux survolent la terre.» Alors la mer se remplit de sous-marins, de porte-avions et l'air se remplit de chasseurs, de bombardiers, chaque oiseau selon son espèce. Enfin ils dirent: «Faisons l'homme scientifique à notre image, afin qu'il domine les autres peuples et qu'il les extermine selon ses besoins.» (Ils virent que cela était bon pour leurs poches.)

Alors le soir venu le Créateur revient et constata les dégâts. Il leur dit: «Je constate que vous n'avez rien compris. Vous appelez le bien mal et le mal bien. Votre science était supposée éliminer la pauvreté. Pourtant il n'y a jamais eu autant de famine et de guerre. Bien que je vous ai donné des lois pour bien fonctionner sur la terre et des instructions précises concernant le ciel, vous avez préféré vos religions truffées de traditions.»

Je vous ai laissé le libre choix. Les plaisirs du monde sont une autoroute spacieuse et confortable. Beaucoup l'ont choisie et continuent ainsi. Tandis que le chemin qui mène à la vie est étroit et peu de gens l'empruntent. Jésus est la lumière du monde, le chemin du salut, il est cette porte étroite qui transforme les coeurs.

«Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.» (Mathieu 7:13)

Yvan Hould

Bécancour

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