L'aide sociale s'accompagne de devoirs et de responsabilités

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Le Nouvelliste

En réponse à l'opinion exprimée par Pierre Blanchet dans la lettre «Aide sociale et assurance-chômage: la situation au Canada laisse à désirer», publiée le 14 mars.

Je traiterai ici seulement que du volet aide sociale abordé dans votre opinion. Je souscris pleinement à ce que vous avancez pour toute personne ayant une contrainte à l'emploi. Pour les autres je vous rappelle que «l'aide de dernier recours» s'accompagne de droits, mais aussi de devoirs et de responsabilités personnelles. Votre texte mentionne que «les prestations d'aide sociale doivent permettre de garantir la réalisation du droit à un niveau de vie suffisant», est-ce à dire que l'individu qui se lève le matin pour aller travailler au salaire minimum n'a pas ce droit? Qu'en est-il de ceux qui ont perdu des emplois très rémunérateurs dans de grosses compagnies, ou qui se sont fait piller leur fonds de pension, ceux qui doivent retourner au travail en fin de carrière? Ah oui, des personnes qui manquent de dignité.

Plus loin vous parlez des «personnes sans contrainte qui ne peuvent couvrir que 46 % de leurs besoins»; évidemment c'est trop pour les regarder se momifier à petit feu. Retournez à vos bases, on n'a jamais distribué de bourses pour l'école buissonnière. Vous parlez du «droit à accepter un emploi qui ne respecte pas leur droit à la liberté de travail». Je rêve, j'ai faim et ma première idée c'est d'attendre que l'épicerie vienne me livrer. Vous répétez «atteinte au droit à un niveau de vie suffisant et au travail librement choisi et accepté»; parlez-en à ceux qui travaillent pour des salaires négligeables! Pourquoi n'ont-ils pas attendu passivement chez eux le chèque régulier comme une horloge?

Vous dites «affamer les prestataires ne leur donnera pas les conditions pour s'en sortir». Croyez-vous naïvement que de bonifier leur prestation ne va pas les conforter dans cette forme de vie parasitaire? On parle ici de gens aptes au travail qui s'assurent de tous leurs droits, sauf de leur contribution. Beaucoup magasinent les banques alimentaires comme des familles à faible budget parcourent les circulaires. Partout on est en manque de bénévoles, on ne trouve pas de relève pour la vieille garde qu'on épuise à petit feu. Où sont tous ces sans contrainte qui ne reconnaissent que leurs droits?

Regardez tous ces groupes qui se forment pour un échange de service afin de boucler leur fin de mois. Évidemment ça altère le droit à la liberté du travail. À sa dernière visite au dentiste, mon épouse a croisé une prestataire d'environ 45 ans. Cette dernière bien dodue et bâtie s'informait s'il existait un programme de gratuité en orthodontie. Elle arborait des tatouages très dispendieux et s'affairait à texter sur son téléphone intelligent tout en avisant la secrétaire de ne pas lui rappeler son rendez-vous par téléphone, car de jour elle ne répondait pas. Trop occupée je suppose à s'en sortir. Regardez autour de vous; il y a plein de personnes comme elle. Faites sortir les données sur les prestataires sans contrainte qui ont des carrières de plus de 20 ans.

Finalement vous plaidez pour un salaire minimum qui, ô ciel, serait distribué à tout le monde. Bien sûr ça paraît bien jusqu'à ce que le ti-coune qui se lève tous les matins pour aller travailler réalise qu'il doit le rendre à l'impôt. Pensez plutôt à un boni sous forme de coupon de service pour quelqu'un assez détaché de son nombril qui daignerait donner du temps à des organismes qui ont pour mission d'aider leur semblables. Évidemment ils n'ont pas besoin de cette aide; ça ne coûtera pas cher de coupons.

Jean-Guy Boucher

Trois-Rivières

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