Triste anniversaire: cinq ans de désolation

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La Syrie, c'est un pays de plus de 20 millions de population dont près de la moitié est déplacée ou réfugiée et dont de nombreuses villes ne sont plus que ruines

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Le Nouvelliste

Le tout a commencé le 13 mars 2011, lorsque quinze écoliers sont arrêtés à Deraa, petite ville du sud, parce qu'ils avaient dessiné des slogans issus de la révolution égyptienne de 2011 appelant à la démocratie et à la liberté.

Ils furent transférés à Damas pour être jugés et condamnés. Par solidarité des manifestations pacifiques quotidiennes se succèdent pour demander la libération de ces écoliers considérés comme détenus politiques.

Le régime Assad disperse brutalement les manifestants et des centaines d'opposants sont arrêtés. Ces manifestations dégénèrent et plusieurs bâtiments symboliques du pouvoir (siège du Parti Baas, tribunaux) sont incendiés.

Le pouvoir réprime ces manifestations, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés, car les forces de l'ordre tirent à balles réelles. Malgré la violence de la répression, le mouvement s'étend aux principales villes du pays. C'était le début de la guerre civile.

Dix-huit mois après, soit dès le début de l'année 2013, l'État islamique (EI) établi en Irak entre en Syrie avec 25 000 hommes, s'installe au nord-est du pays, puis progresse vers le centre. L'objectif est de bâtir un État islamique à cheval sur le Liban, la Syrie et l'Irak.

De nombreux combattants d'Al-Nosra et la plupart des djihadistes étrangers (Tchétchènes, Afghans, Pakistanais, Saoudiens, Qataris, etc.) rallient alors l'EI. Ce Front islamique, fort de 65 000 hommes, aurait été financé par la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite, qui veulent tous la chute du régime Alaouite (chiite) de Bachar El Assad.

Le président Bachar El Assad et les groupes qui lui sont loyaux cherchent alors à rééquilibrer les forces en présence en leur faveur. Ainsi 15 000 combattants du Hezbollah libanais viennent en renfort aux troupes loyalistes et divers volontaires chiites iraniens et surtout irakiens entrent sur le sol syrien pour prendre part aux combats. La guerre est devenue régionale.

Cependant les victoires de l'État islamique (EI) en Irak et en Syrie, sa progression rapide sur le terrain, ses exactions infligées à la population vont faire basculer les allégeances des pays du Golfe, et pousser la communauté internationale à intervenir pour affronter cette faction extrémiste.

En effet, en 2014, une coalition multinationale regroupant les États-Unis, le Canada, la France et le Royaume-Uni intervient pour la première fois en Syrie en lançant une campagne de frappes aériennes contre les forces de l'EI.

La Russie est venue ensuite faire son entrée dans le ciel de Syrie. Sa danse aérienne vise deux buts: soutenir les forces syriennes qui peuvent ainsi largement consolider leurs positions, mais aussi maintenir ses propres intérêts au Moyen-Orient, notamment sa base navale de Tartous sur la Méditerranée.

Si déjà les deux grandes puissances combattent l'EI, là où la stratégie des États-Unis diffère, c'est qu'on y prône le départ du dictateur syrien considéré comme criminel de guerre. Ils espèrent aussi parvenir à une Syrie démocratique après Bachar El Assad, ce à quoi s'opposent la Russie et l'Iran puisqu'ils considèrent Assad comme un ami de longue date et un vieux client!

Pauvre Syrie bombardée de toutes parts. Un pays de plus de 20 millions de population dont près de la moitié est déplacée ou réfugiée. Les morts se comptent par centaines de milliers et sa restructuration pour la mettre à flot nécessitera probablement une à deux générations. Comment résoudre ce conflit à la fois politique et religieux? Cette désolation dure depuis cinq ans!

Roger Greiss

Secteur Grand-Mère

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